‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 107 sur 268 · LES CYGNES ET LES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

LES CYGNES ET LES HIRONDELLES

(Tiré de saint Grégoire de Nazianse)

Des cygnes se raillaient un jour des hirondelles : — « sauvages oiseaux,* nageurs aux grandes ailes,

iM HISTOIRES POétlQOÉS.

Vivant loin des humains sur des lacs ignorés, Parmi les roseaux noirs qui hérissent les prés ! A quoi sert votre voix mélodieuse et pure ?

Pour vous seuls vous chantez et la seule nature. Nous, dont le nid savant se suspend aux maisons, Nous vivons près de l'homme, avec lai nous causons. La fouie apprend de nous, habitantes des villes, Mille bruits recueillis dans nos courses agiles. Nos amours, nos malheurs des poëtes vantés... Sans doute en vos déserts Écho les a portés. »

Les cygnes hésitaient de répondre à ces folles :

— « semeuses dans Fair d'inutiles paroles!

Reprit un beau nageur, votre étemel babil.

Qui devança le jour, ce soir finira-t-il ?

Que l'homme avec raison maudit vos voix criardes ,

becs toujours ouverts, gorges toujours braillardes!

Oui , nous aimons la paix des fleuves argentés :

Le chant craint les clameurs troublantes des cités ,

Le chant sobre nous plaît loin de la multitude ;

Mais survienne un ami de notre solitude.

Nos voix montent en chœur pour ce mortel pieux

Avide d'écouter les sons harmonieux

Et le frémissement des ondes maternelles.

Au souille du zéphyr quand s'étendent nos ailes. »

HISTOIRES POÉTIQUES. 15d

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