LA SOURCE
Le matin, pour baigner la plume de son aile, A la source des pr^ vient une tourterelle.
Puis upe vierge accourt à la source des prés
Pour baigner son cou blanc sous des cheveux dorés;
Chacune avec bonheur fête la sœur qu'elle aime Et se penchant sur l'onde elles boivent à même.
Et bientôt les voilà de chanter tour à tour
Les plaisirs du printemps et les peines d'amour.
les belles chansons que leur poitrine exhale I jeunes cœurs aimants I ô fraîcheur matinale t
A midi, lorsqu'il passe au-dessus du lavoir, Le soleil réjoui s'arrête pour les voir.
Il ouvre ses yeux d'or, et sur ce coin du monde Agite en souriant sa chevelure blonde.
Un jeune pâtre aussi, caché dans la bruyère,
Regarde : — « Ahl tous les jours, et loin de ta chaumière,
Que cherchent *donc tes yeux avec tant de douceur? Est-ce la touterelle? est-ce sa blonde sœur? »