LIVRE d'or a mon FOYER
Noble encouragement, bonheur, lorsqu'une ville. Dans ses murs tout empreints de sa grandeur civile, Sur le marbre ou l'airain, aux regards éblouis Fait surgir le portrait vivant d'un de ses fils I Plus humble est la cité, plus rayonne l'image, Plus le héros aimé renaît couvert d'hommage : Il est, aveb le saint, le protecteur des lieux. Vers lui tendent sans cesse et les cœurs et les yeux,
Corret I ô vrai Celte I homme plein de franchise I Sur les soldats du Rhin, sur ceux de la Tamise Tu courais comme un loup, ensuite tu rentrais Comme un paisible agneau dans ta chère Carhaix ; Tu revenais soldat, sur le dos ton bagage, Pauvre; mais lorsqu'un mot de notre vieux langage, Un mot, sur ton chemin, résonnait tout à coup, Corret, tes yeux brillaient, l'agneau devenait loup. Sur la colline, hélas! ta demeure éternelle , Tu n'entends plus parler la langue maternelle ! Et la brise du soir, ô muet grenadier, Ne t'apporte jamais la fleur d'or du landier... Pleure, ô pays d'ArvorI pleure, pays de France I Ton Premier Grenadier tombe d'un coup de lance I Il tombe noblement d'un coup de lance au cœur! Voici que l'Allemand hurle et se croit vainqueur : Mais un des vieux soldats dresse le héros pâle, Le montre à l'ennemi : « Feu , Colonne-Infernale I « Feu! Vengeance! Tuons! » Sais-tu combien de morts, Guerrier, furent jetés en monceau sur ton corps?...
Esprit noir, vers Corret va, par delà les Gaules, Et sur lui fais pleurer les lauriers et les saules!