‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 253 sur 268 · LE TALISMAN · texte numérisé non relu

LE TALISMAN

Du fleuve, en approchant, m'arrivaient les murmures, La senteur s'exhalait' des taillis frais et verts. Un couple de ramiers chantait sous les ramures :

Bonheurs de mon printemps, après bien des hivers, Je vais vous ressaisir î Pensers des saisons mûres, Fuyez I Aux purs instincts, mes sens, soyez ouverts! —

Et j'arrive, et, penché sur le cristal de l'onde, J'y lave dans ses flots puisés avec ma main Mon visage hâlé par le feu du chemin :

Heureux, je vois encor ma chevelure blonde ;

Mais, puisqu'il faut quitter cette eau claire et profonde. Hélas I pour se mêler au sombre fleuve humain, J'emporte un caillou blanc tout veiné de carmin : Pensers du sol natal, guidez-moi par le monde!

Au Pont-Ker-LÔ.

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