LES DIEUX CHEZ ANACRÉON
f D'aptes un bas-relief de M. Goillamn»)
Poëtes, consacrez toujours Votre muse aux saintes amours :
Qu'elle chante, voilée, au fond du sanctuaire;
Cependant, Muse, viens parfois Comme en Grèce , chez nous Gaulois , Tes cheveux dénoués, viens égayer la terre.
Dans Téos, la ville au ciel clair.
L'errante lune arpentait l'air, Lo myrte et l'hyacinthe exhalaient leurs arômes;
Alors, parcourant la cité, Un chœur avec légèreté Vint danser sur un seuil aux marbres polychromes :
— « Ouvrez , Anacréon , ouvifez I C'est l'enfant aux cheveux dorés,
L'enfant joueur, Amour, qui frappe à votre porte.
— « Ouvrez à Bacchus, beau vieillard I ' Ma coupe, merveille de l'art,
Est pleine de bonheur : C'est un dieu qui l'apporte.
LA FLEUR d'or. 05
— « Ouvre , mon cher Anacréon !
Au seuil de ta fraîche' rriaison J'accours, ma lyre en main, moi, chanteuse d'Asie. »
La clef de bronze fait un tour, Puis avec Bacchus et l'Amour Chez cet heureux vieillard entre la Poésie,
charme et puissance des lieux !
Je vous vis, esprit sérieux, Sous le beau ciel romain sculptant Ift Grèce antique,
Et sur le mode ionien Jaccorde, moi, barde chrétien, La harpe aux sons plaintifs, la harpe d'Arn^orique,