‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 43 sur 268 · LES DIEUX CHEZ ANACRÉON · texte numérisé non relu

LES DIEUX CHEZ ANACRÉON

f D'aptes un bas-relief de M. Goillamn»)

Poëtes, consacrez toujours Votre muse aux saintes amours :

Qu'elle chante, voilée, au fond du sanctuaire;

Cependant, Muse, viens parfois Comme en Grèce , chez nous Gaulois , Tes cheveux dénoués, viens égayer la terre.

Dans Téos, la ville au ciel clair.

L'errante lune arpentait l'air, Lo myrte et l'hyacinthe exhalaient leurs arômes;

Alors, parcourant la cité, Un chœur avec légèreté Vint danser sur un seuil aux marbres polychromes :

— « Ouvrez , Anacréon , ouvifez I C'est l'enfant aux cheveux dorés,

L'enfant joueur, Amour, qui frappe à votre porte.

— « Ouvrez à Bacchus, beau vieillard I ' Ma coupe, merveille de l'art,

Est pleine de bonheur : C'est un dieu qui l'apporte.

LA FLEUR d'or. 05

— « Ouvre , mon cher Anacréon !

Au seuil de ta fraîche' rriaison J'accours, ma lyre en main, moi, chanteuse d'Asie. »

La clef de bronze fait un tour, Puis avec Bacchus et l'Amour Chez cet heureux vieillard entre la Poésie,

charme et puissance des lieux !

Je vous vis, esprit sérieux, Sous le beau ciel romain sculptant Ift Grèce antique,

Et sur le mode ionien Jaccorde, moi, barde chrétien, La harpe aux sons plaintifs, la harpe d'Arn^orique,

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