‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 55 sur 268 · LES DISSONANCES · texte numérisé non relu

LES DISSONANCES

Un soleil si chaud brûla ma figure,

J'ai dû tant changer à tant voyager,

Que d'un franc Roniaîn je me crois l'allure ;

Mais un vigneron à brune encolure

Me dit en passant : Bonjour, étranger!

Pétrarque à la main ( roi des élégances ) , J'arrondis mon style et me crois Toscan :

Le ton primitif se fond en nuances ; Mais soudain ma voix part en dissonances...

Oh I je suis un fils du barde Guîclan *!

CAMÉE

Laissant traîner sa robe, à la fois doux et grave, Les cheveux négligés, dans le palais d'Octave Il entrait à pas lents, et le soir, au festin. Rêvait à sa Mantoue, à ses forêts de pin.

Un mot l'eût fait rougir. Sur le bras de Mécène Souvent il s'appuyait afin de prendre haleine. Comme font, sous le poids d'un ennui pénétrant, Ceux dont le corps est faible ou bien le cœur souffrant,

* Barde da ye tièclet

LA FLEUR d'or. M

Entre ses grands amis tel fut le doux Virgile. A consumer ses jours la muse fut agile ; De sa tombe il voit Naple : un destin le guida Où Ton dit qu en mourant la sirène aborda.

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