LES NYMPHES ET LES FÉES
Fille d'une Suissesse et d'un père Écossais,
Née au bord de rEllé quand, moi, je grandissais,
Nos trois pays rivaux , Suisse, Ecosse, Bretagne, Ont soufQé dans ton cœur Fair frais de la montagne ; Lorsque tes grands yeux clairs brillent si doucement. On pense à l'eau d'azur qui roule au lac Lén^an ; Il est près de la Clyde, il est sur la colline Un bouleau, jeune aussi, que chaque brise incline; Ton front prêt à rougir sitôt qu'on a parlé.
C'est la fleur rose au bord du fleuve Elle.
J'ai vu, j'ai vu passer les nymphes et les fées. Blanches filles de l'Ouest, brunes, filles du Sud; Je compterais plutôt les* vagues de Ker-Lud *, Ou les brises du soir dans Sorrente étouffées.
Je fus comme ébloui lorsque, dans Procida; Un soir je vis entrer Maria-Agatha, Pour me faire admirer, fille encore enfantine , Sur son corset doré sa robe levantine,: <
ï)e peur de trop la voir je détournais les yeux , Mais quel air de chrétienne, ohl quel air sérieux. Quand, passant au milieu d'une belle jeunesse , Le dimanche matin elle vint de la messe !
Ce charmant souvenir dans mon âme est resté, Marie-Agathe, et mes vers l'ont chanté.
J'ai vu, j'ai vu passer les nymphes et les fées. Blanches filles de l'Ouest, brunes filles du Sud, Je compterais plutôt les^ vagues de Ker-Lud, Ou les brises du soir dans Sorrente étouffées.
* Ville du roi Lad ( Loodres).
LA FLEUR d'or. 91
ni
Comme je traversais, le ruisseau de Ker-lorh , Anna, sur un talus semé de boutons d'or, Joyeuse et s*enivrant de la belle nature.
Chantait le mois d'avril et chantait la verdure. Pour boire au clair ruisseau s'arrêta mon cheval , Et j'aspirai la voix pure comme un cristal.
Je ne m'étonne plus, fille heureuse de vivre. Si Lo'ic, votre clerc, s'ennuie avec son livre, Et si, quand vpus chantez seule parmi les fleurs, Sur son cahier on voit tomber ses pleurs.
J'ai vu, j'ai vu passer les nymphes et les fées. Blanches filles de l'Ouest, brune^ filles du Sud; Je compterais plutôt les vagues de Ker-Lud , Ou les brises du soir dans Sorrente étouffées.
POUR MLfci HÉLÈNE SGHOUVALOFF
NapleSv dans cet air tiède oubliant les hivers, Une vierge du Nord vint aussi sur ta grève, Sorrente, elle a passé sous tes feuillages verts. Et plus d'un aujourd'hui, plus d'un évoque en rêve La douceur de ses yeux , la douceur de ses vers.
LIYRE SEPTIÈME