‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 75 sur 268 · A UN DESSERVANT · texte numérisé non relu

A UN DESSERVANT

Prêtre, te souvient-il qu'un soir, à Loc-Tûdl, Au pied de ton autel je te surpris en larmes. Serrant contre ton cœur le crucifix, tes armes, Plongé dans la prière et presque anéanti ?

Au bruit seul de ma voix tu rélevas la tête (C'était le front des morts, et non plus des vivants) ; Alors, tournant vers moi tes yeux doux et fervents, Tu me dis : or J'ai vaincu ! combats aussi, poëtë. »

Parlant de l'infini, du ciel et des élus.

Nous passâmes deux jours dans ton saint presbytère ;

Les ailes de ton àme avaient quitté la terre,

Et l'espace et le temps pour toi n'existaient plus.

Pôle effrayant de la pensée.

Qui pourrait sans vertige atteindre à ta hauteur?

L'âme humaine aisément lassée.

Fuit t^ sommets de glace et l'ardent équateur.

Page 1