‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 2)Chapitre 2 sur 64 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

« bitants des villes, bourgs et campagnes, nés « Français ou naturalisés, âgés de vingt-cinq « ans, domiciliés et compris au rôle des imposi- « tions '.» Enfin, àJamême époque, l'auteur d'un pamphlet célèbre , comptant le nombre et soutenant l'unité de l'ordre plébéien, jetait, comme un cri de l'opinion presque universelle, ces troi^ questions et ces trois réponses : t Qu'est-ce que «le Tiers État? — Tout. Ru'a-t-il été jusqu'à « présent dans l'ordre politique? — Rien. Que « demande-t-il ? — A être quelque chose ^. »

Ainsi l'ordre de personnes qui fut l'instrument de la révolution de 1789, et dont j'essaie de tracer l'histoire en remontant jusqu'à ses origines; n'est autre que la nation entière moins la noblesse et le clergé. Cette définition marque à la

1. Règlement du roi pour la convocatioii des États généraux en date du 24 janvier 1789^ Histoire parlementaire de la révolu^ tion française, par M. Bûchez^ t. I^ p. 210.

S. En tout^ il n'y a pas deux c^t mille privilégiés des deux premiers ordres; comparez ce nombre à celui de vingt-cinq à vingt-six millions d'âmes, et jugez la question. (Sieyès^ Qu*est<e que le Tiers État? p. 104.) — Quand on veut semer la division, on a soin de distinguer le Tiers en différentes classes , afin d'exciter et de soulever les unes contre les autres. On anime les habitants des villes contre ceux des campagnes; on cherche à opposer les pauvres aux riches. ( n>id., p. 96, note. )

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