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envoyés auprès de la noblesse ne désavouèrent que l'intention d'offense , et on leur répondit convenablement *. Ainsi fut terminé ce différend, d'où ne pouvait sortir aucun résultat politique , mais qui est remarquable, parce que le tiers état y eut le beau rôle, celui du désintéressement et de la dignité, et que là se montra au grand jour, en face de Torgueil nobiliaire, un orgueil plébéien nourri au sein de l'étude et des professions qui s'exercent par le travail intellectuel.
Une querelle bien plus grave, et sans aucun mélange d'intérêts privés, survint presque aussitôt, et divisa de même les trois ordres, mettant d'un côté le tiers état, et de l'autre le clergé et la noblesse. Elle eut pour sujet le principe de l'indépendance de la couronne vis-à-vis de rÉglise, principe qu'avaient proclamé trois cent douze ans auparavant les représentants de la bourgeoisie^. En compilant son cahier général sur les cahiers provinciaux, le tiers état prit dans le cahier de l'Ile-de- France, et plaça en tête de tous les chapitres un article contenant ce qui suit : « Le roi sera supplié de faire a arrêter en l'assmblée des États, pour loi fondamentale .« du royaume qui soit inviolable et notoire à tous, que, c( comme il est reconnu souverain en son état, ne c( tenant sa couronne que de Dieu seul, il n'y a puis- (f sance en terre, quelle qu'elle soit, spirituelle ou tem-