‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 2)Chapitre 34 sur 64 · BeiaUoa de Flor. Bapine, p. S · texte numérisé non relu

BeiaUoa de Flor. Bapine, p. S

voulut ni retirer ni modifier son article, et repoussa comme elle le méritait la proposition de s'en tenir à une demande de publication du décret du concile de Constance contre la doctrine du tyrannicide^ Il s'agissait là de la grande question posée dans la guerre de la Ligue entre les deux principes de la royauté légitime par son propre droit, et de la royauté légitime par Forthodoxie. Le débat de cette question, que le règne de Henri IV n'avait point résolue ^ et à laquelle sa fin tragique donnait un intérêt sombre et pénétrant^ fut, par une sorte de coup d'État, enlevé à la discussion des ordres, et évoqué au conseil, ou plutôt, à la personne du roi.

Sur l'invitation qui lui en ftit faite, le tiers état remit au roi le premier article de son cahier, et, quelques jours après, le président de la chambre et les douze présidents des bureaux furent mandés au Louvre. Quoique Louis XIII fût majeur, la reine mère prit la parole, et dit à la députation « que l'article concernant la souveraineté du roi et la sûreté de sa personne ayant été évoqué à lui, il n'était plus besoin de le remettre au cahier, que le roi le regardait conmie présenté et

I. Voyez, dans la relation de Flor. Bapine {Des états généraux^ etc., t. XVI, 2e parUe, p. 442-164), le discours du cardinal du Perron , orateur du clergé, et la réplique de Bobert Hlron, président du tiers état.

9. Henri IV n'avait régné qu'en Tertu d'une transaction avec ses sujets catholiques.

reçu , et qu'il en déciderait au contentement du tiers état* B. Cette violence faite à la liberté de rassemblée y excita un grand tumulte; elle comprit ce que signifiait et à quoi devait aboutir la radiation qui lui était prescrite. Durant trois jours, elle discuta si elle se conformerait aux ordres de la reine. Il y eut deux opinions : Tune qui voulait que l'article fût maintenu dans le cahier, et qu'on protestât contre les personnes qui circonvenaient le roi et forçaient sa volonté; Tautre qui voulait qu'on se soumit en faisant de simples remontrances. La première avait pour elle la majorité numérique; mais elle ne prévalut point, parce que le vote eut lieu par provinces et non par bailliages*. Cent vingt députés, à la tête desquels étaient Savaron et de Mesmes^ se déclarèrent opposants contre la résolution de l'assemblée, comme prise par le moindre nombre. Ils demandaient à grands cris que leur opposition fût reçue , et qu'il leur eu fût donné acte. Le bruit et la confusion remplirent toute une séance, et, de guerre lasse , on s'accorda pour un moyen terme ; on convint que le texte de Tarticle ne serait point inséré dans le cahier général , mais que sa place y resterait formelle-

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