ACTE TROISIÈME
MÉLÀG PERE, MÉLAC fu.s.
MÉLAG PÈRE, avec chagrin.
Ne me suivez pas, mon fils.
MÉLAC FILS
Eh! lepuis-je, mon père?
MÉLAC PÈRE
Je vous l'ordonne.
MÉLAC FILS
Vous abandonner dans un moment si fâcheux !
MÉLAC FÈRE
Votre douleur m'importune... elle m'offense.
MÉLAC FILS
Je connais trop mon père pour soupçonner rien qui lui soit injurieux. Mais si votre bonté me laissait percer un mvstère...
MÉLAC PÈRE
Mon fils!
MÉLAC FILS
Refuserez -vous de m'indiquer les moyens de vous servir? d'adoucir au moins vos peines?
MÉLAG PÈRE.
u est des devoirs dont ton âge et ta vivacité t'empêcheraient de sentir toute l'obligation.
Vous m'avez appris à respecter tous ceux qui sont sacrés pour vous. Ayez confiance aux principes de votre fils ; ce sont les vôtres.
MÉLAC PÈRE
Mon ami, tu commences ta carrière quand je finis la mienne, et l'on voit différemment. L'intérêt du passé touche peu les jeunes gens, ils sacrifient beaucoup à Tespérance. Mais quand la vieillesse vient nous rider le visage et nous courber le corps ; dégoûtés du présent, effrayés sur l'avenir, que reste-t-il à Thomme ? L'unique plaisir d'être content du passé. (D'un ton plus ferme.) J'ai fait ce que j'ai dû; je vous défends de me presser davantage.
MÉLAG FILS.
Les suites de cette journée me font mourir de frayeur.
MÉLAG PÈRE.
Saint-Alban est généreux, il ne se déterminera pas légèrement à perdre un homme dont il a pensé du bien jusqu'à ce jour.
MÉLAG FILS.
Ah ! mon père, sf c'est là l'espoir qui soutient votre courage, le mien m'abandonne entièrement. Saint- Alban est notre ennemi.
MÉLVC PÈRE.
iNe faisons point injure, mon lils, à celui qui n'écoute que la voix de son devoir.