LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE I, SCÈNE II
Compositeurs! chantez comme il danse, et nous aurons, au lieu d*opéras, des mélodrames! Mais j'entends mon étemel censeur (je ne sais plus s'il est d'aillem*s ou de Bouillon] qui me dit : Que prétend-on par ce tableau ? Je Tois un talent supérieur, et non la danse en général. Cest dans sa marche ordinaire qu'il faut saisir un art pour le comparer, et non dans ses efforts les plus sublimes. N'a- Tons-nous pas...?
— Je Tirrête à mon tour. Eh quoi ! si je veux peindre on coursier et me former une juste idée de ce noble animal, irai-je le chercher ongrc et vieux, gémissant au timon da fiacre, ou trottinant sous le plâtrier qui siflle ? Je le prends au haras, fier étalon, vigoureux, découplé, l'œil ardent, frappant la terre et soufllant le feu par les naseaux; bondissant de désirs et d'impatience, ou fendant Tatr qu'il électrise, et dont le brusque hennissement réjouit l'homme et tait tressaillir toutes les cavales de la contrée. Tel est mon danseur.
Et quand je crayonne un art, c'est parmi les plus grands sujets qui l'exercent que j'entends choisir mes modèles; tous les efforts du génie... Mais je m'éloigne trop de mon sujet; revenons au Barbier de Séville.., ou plutôt, monsieur, n'y revenons pas. C'est assez pour une bagatelle. Insensiblement je tomberais dans le défaut reproché trop justement à nos Français de toujours faire de petites chansons sur les grandes affaires , et de grandes dissertations sur les petites.
Je suis, avec le plus profond respect.
Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
L'.VcTEun.
UN ALCADE, homme de justice, avec une longue baguette blanche à la main.
Plcsiedrs ALorAZiLs et TALETs, avoc des flambeaux.
La scène est à Séville, dans la rue et sous les fenêtres de Rosine, au premier acte; et le reste de la pièce dans la maison du docteur Bartholo.