‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 147 sur 607 · LB C03ITI · texte numérisé non relu

LB C03ITI

Tant mieux. Sa probité?

FIGARO

Tout juste autant qu*il eu faut pour n*élre point pendu.

LE COMTE

Tant mieux. Punir un fripon en se rendant heureux...

FIGARO

Cest faire à la fois le bien public et particulier : chef-d*œufre de morale, en vérité, monseigneur.

LE COMTE

Tu dis que la crainte des galants lui fiiit fermer sa porte?

FIGARO

k tout le monde: s*il pouvait la calfeutrer...

LE COMTE

Ah ! diable, tant pis. Aurais-tu de Taccès chez lui ?

FIGARO

Sij*en ai! Primo, la maison que j*occupe appartient au docteur, qui m'y loge gratis,

LE COMTE

Ah! ah!

Oui. Et moi, en reconnaissance, je lui promets dix pistoles d*or par an, gratis aussi.

LE COMTE, impatienté.

Tu es son locataire?

FIGARO

Ue plus son barbier, son chirurgien, son apothicaire ; il ne se donne pas dans sa maison un coup de rasoir, de lancette ou de piston, qui ne soit de la main de votre serviteur.

LE COMTE TembrasBC.

.Vh! Figaro, mon ami, tu seras mon ange, mon libérateur, mon dieu tutélairc.

FIGARO

Peste! comme Futilité vous a bientôt rapproché les distances ! Parlez-moi des gens passionnés !

LE COMTE

Heureux Figaro ! tu vas voir ma Rosine ! tu vas la voir! Conçois-tu ton bonheur?

FIGARO

Cest bien là un propos d*amant! Est-ce que je Tadore, moi? Puissiez-vous prendre ma place !

LE COMTE

Ail ! si Ton pouvait écarter tous les surveillants!

FIGARO

C'est à quoi je rêvais.

Pour douze heures seulement.

FIGARO

Eu occupant les gens de leur propre intérêt, on lot* empêche de nuire à l'intérêt d'autrui.

LE COMTE

Sans doute. Eh bien?

FIGARO, réTant.

Je cherche dans ma tête, si la pharmacie ne fournirait pas quelques petits moyens innocents...

LE COMTE

Scélérat !

FIGARO

Est-ce que je veux leur nuire? Us ont tous besoin de mon ministère. U ne s'agit que de les traiter ensemble.

LE COMTE

Mais ce médecin peut prendre un soupçon.

FIGARO

U faut marcher si vite que le soupçon n*ait pas le temps de nailre. Il me vient une idée : le régiment de Royal-Infant arrive en cette ville.

LE COMTE

Le colonel est de mes amis.

Bon. Présentez-vous chez le docteur en habit de cavalier, avec un billet de logement; il faudra bien qu'il vous héberge; et moi, je me charge du reste.

LE COMTE

Excellent !

FIGARO

u ne serait même pas mal que vous eussiez l'air entre deux vins...

LE OMTE.

A quoi bon ?

FIGARO

Et le mener un peu lestement sous cette apparence déraisonnable.

LE COMTE

A quoi bon ?

FIGARO

Pour qu'il ne prenne aucun ombrage, et vous croie plus pressé de dormir que d'intriguer chez lui.

LE COMTE

Supérieurement vu! Mais que n'y vas-tu, toi?

FIGARO

Ah ! oui, moi ! Nous serons bien heureux s'il ne vous reconnaît pas, vous qu'il n'a jamais vu. Et conmient vous introduire après?

LE COMTE

Tu as raison.

C'est que vous ne pourrez peut-être pas soutenir ce personnage difQcile. Cavalier... pris de vm...

LE COMTE

Tu te moques de moi ! (Prenant un ton ivre.)

N'est-ce point ici la maison du docteur Bartliolo, mon ami?

FIGARO

Pas mal, en vérité ; vos jambes seulement im peu plus avinées. (D'un ton plus ivro.) N'est-cepas ici la maison.».?

LE COMTE

Fi donc! tuas l'ivresse du peuple.

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