LE BARBIER DE SÉVILLE, ACTE IV, SCÈNE VI
ROSINE
Le comte Almaviva!... ^
BAKTOOLO.
Vous avez peine à vous persuader celte horreur. L*inexpérience, Rosine, rend votre sexe conOant et crédule ; mais apprenez dans quel piège on vous attirait. Celte femme m'a fait donner avis de tout, apparemment pour écarter une rivale aussi dangereuse que vous. J'en frémis ! le plus abominable complot entre Almaviva, Figaro et cet Alonzo, cet élève supposé de Basile qui porte un autre nom et n*est que le vil agent du comte, allait vous entraîner dans un abîme dont rien B*eût pu vous tirer.
ROSINE, accablée.
Quelle horreur !... quoi ! Lindor !... quoi ! ce jeune homme!...
BàRTHOLO, à part.
Ah ! c'est Lindor !
ROSniE.
Cest pour le comte Ahnaviva... c'est pour un autre...
Voilà ce qu'on m'a dit, en me remettant votre lettre.
ROSUlEy ootrée.
Ah! quelle indignité!... Il en sera puni. -—Monsieur, vous avez désiré de m'épouser?
BÀRTHOLO.
Tu connais la vivacité de mes sentiments.
ROSINE
S'il peut vous en rester encore, je suis à vous.
BARTHOLO
Eh bien ! le notaire viendra cette nuit même.
ROSINE
Ce n'est pas tout (ôciei ! suis-je assez humiliée!...) : apprenez que dans peu le perfide ose entrer par cette jalousie, dont ils ont eu l'art de vous dérober la clef.
BARTHOLO, regardant au trousseau.
Ah! les scélérats! Mon enfant, je ne te quitte plus.
ROSINE, avec efrrol.
Ah, monsieur! et s'ils sont armés?
BARTHOLO
Tu as raison ; je perdrais ma vengeance. Monte chez Marceline : enferme-toi chez elle à double tour. Je vais chercher main-forte, et l'attendre auprès de la maison. Arrêté comme voleur, nous aurons le plaisir d'en être à la fois vengés et délivrés ! Et compte que mon amour te dédommagera...
ROSINE, au désespoir.
Oubliez seulement mon erreur. (A part.) Ah ! je m'en punis assez !
BARTHOLO, 8*611 allant.
Allons nous embusquer. A la fm je la tiens. (U sort.)