‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 212 sur 607 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

SUZANNE, seule.

MARCELINE, aigrement.

Pourquoi non ? Vous Tépousez bien !

BARTHOLO, riant.

Le bon argiunent de femme en colère ! Nous parlions, belle Suzon, du bonheur qu'il aura de vous posséder.

MARCELI?IE.

Sans compter monseigneur, dont on ne parle pas.

81'ZAIfllEy une révérence.

Votre servante, madame; il y a toujours quelque chose d'amer dans vos propos.

MARCELIlfE, une révérence.

Bien la vôtre, madame. Où donc est ramerturae ? n'est-il pas juste qu'un libéral seigneur partage un peu la joie qu'il procure à ses gens ?

8UZAN5B.

Qu'il procure?

MARCELINE

Oui, madame.

SUZANNE

Heureusement la jalousie de madame est aussi connue que ses droits sur Figaro sont légers.

MARCELINE

On eût pu les rendre plus forts en les cimentant û la façon de madame.

SUZAM«E.

Oh ! cette façon, madame, est celle des dames savantes

MARCELINE

Et l'enfant ne l'est pas du tout ! Innocente comme un vieux juge !

BARTHOLO, attirant Marceline.

Adieu, jolie fiancée de notre Figaro.

MARCELINE, une révérence.

L'accordée secrète de monseigneur.

SUZANNE, une révérence.

Qui vous estime beaucoup, madame.

MARCELINE, une révérence.

Me fera-t-elle aussi l'honneur de me chérir un peu, madame?

SUZANNE, une révérence.

 cet égard, madame n'a rien à désirer.

MARCELINE, unc révérence.

C'est une si jolie personne que madame I

SUZANNE, une révérence.

Eh ! mais assez pour désoler madame.

MARCELINE, une révérence.

Surtout bien respectable I

SUZANNE, une révérence.

C'est aux duègnes b l'être.

MARCELINE, outrée.

Aux duègnes ! aux duègnes !

BARTHOLO, TarréUnt.

Marceline!

MARCELINE

Allons! docteur, car je n'y tiendrais pas. Bonjour, madame. (Dm réréreiice.)

Allez, madame, allez, pédante ! Je crains aussi peu vos efforts que je méprise vos outrages. — Voyez cette vieille sibylle ! parce qu'elle a fait quelques études et tourmenté la jeunesse de madame, elle veut tout dominer au château ! (EUe jette la robe quelle tient mr une chaise.)

Je ne sais plus ce que je venais prendre.

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