‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 25 sur 607 · SCÈNE VI MADAME MURER, EUGÉNIE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI MADAME MURER, EUGÉNIE

EUgÉM!-', le regarde aller, et, aprè» un peu de nIcmcc, dit

douloui'cusement:

Il s'en va !

MADAME MURER

Mais vous avez donc tout à coup perdu l'esprit?

EUGÉNIE

Être réduite à composer avec son devoir; n'oser regarder son père : voilà ma vie. Je suis confuse en sa présence; sa bonté me pèse, sa confiance me fait rougir, et ses caresses m'humilient. 11 est si accablant de recevoir des éloges, et de sentir qu'on ne les mérite pas!

MADAME MURER

Mnis à Londres, où le comte a tant de ménagements à garder!... d'ailleiu*s votre état ne rend pas encore cet aveu indispensable.

EUGÉNIE

N'esl-il pas plus aisé de prévenir un mal que d'en arrêter les progrès? Le temps fuit, l'occasion échappe, les convenances diminuent; l'embarras de parler augmente, et le malheur arrive.

MADAME MURER

Votre époux est trop délicat pour vous exposer...

EUGÉNIE, vivement.

N'avez-vous pas lrou\*é, comme moi, un peu d'apprêt dans son air, de recherche dans son langage? C4'la me frappe à présent que j'y réfléchis. Cette touchante simplicité qu'il avait à la campagne était bien préférable.

MADAME MURER

Dès qu'il s'éloigne, l'imagination travaille.

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