‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 261 sur 607 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LES JBtJNEs PILLES, CHÉRUBIN, A?}T0N10 , FIGARO^ LE COMTE, LA COMTESSE, SUZA^^E.

FIGARO

Motiseigneur, si vous retenez nos filles, on ne pourra commencer ni la fête, ni la danse.

LE COMTE

Vous, danser! vous n*y pensez pas. Après votre chute de ce matin, qui vous a foulé le pied droit !

FIGARO, remuant la jambe.

Je souffre encore un peu ; ce n*est rien. (Aux jeunes GUes.) Allons, mes belles, allons.

LE COMTE le retourne *

Vous avez été fort heureux que ces couches ne fussent que du terreau bien doux !

nCARO.

Très-heureux, sans doute; autrement...

ANTONIO le retourne.

Pijûs il s'est pelotonné en tombant jusqu'en bas.

nCARO.

Un plus adroit, n'est-ce pas, serait resté en l'air? (Aux Jeunes filles.) Venez-vous, mesdemoiselles?

ANTONIO le retourne.

Et, pendant ce temps, le petit page galopait sur son cheval à Séville ?

FIGARO

Galopait, ou marchait au pas...

LE COMTE le retourne.

Et VOUS aviez son brevet dans la poche ?

FIGARO, un peu étonné.

Assurément; mais quelle enquête? (Aux Jeunes filles.) Allons donc, jeunes filles I

ANTONIO, attirant Chérubin par le bras.

En voici une qui prétend que mon neveu futur n'est qu'im menteur.

FIGARO, surpris.

Chérubin!... (A part.) Peste du petit fat !

Y es«>tu maintenant?

FIGARO, cherchant.

J*y suis... j'y suis... Hé I qu'est-ce qu'il chante?

LE COMTE, sèchement.

Il ne chante pas, il dit que c'est lui qui a sauté sur les giroflées.

FIGARO, rêTant,

Ah! s'il le dit... cela se peut. Je ne dispute pas de ce que j'ignore.

LE COMTE

Ainsi vous et lui...

FIGARO

Pourquoi non ? la rage de sauter peut gagner : voyez les moutons de Panurge ! Et quand vous êtes en colère, il n'y a personne qui n'aime mieux risquer...

LE COMTE

Commetll ! deux à la fois?...

FIGARO

On aurait sauté deux douzaines. Et qu*est-ce que ceh f^it, monseigileur, dés qu'il n'y a personne de blessé? (Aux jeunes fiiies.) Ah çà, voulez-vous venir, ou non?

LE COMTE, outré.

Jouons-nous une comédie ?

(On enteild un prélude de fanfare.)

LE MARIAGE DE FIGARO, ACTE IV, SCÈNE IX

FIGARO

Voilà le signal de la marche. A vos postes, les belles ! à vos postes ! Allons, Suzanne, donnenfnoi le bras.

(Tous s'enfuient; Chérubin reste seul, la tète baissée.)

Page 1