LA MÈRE COUPABLE. ACTE I, SCÈNE V
b£gf.aR$S, m rianl.
Et d*où 8ors-tu donc? Régie certaine, mon enfant, lorsque telle orpheline arrive chez quelqu*un comme pupille, ou bien comme filleule, elle est toujours In fille du mari. (D'un ton jiérieox.) Bref, je puis Tépouser. .. si tu mêla rends favorable.
SUZANNE
OU ! mais Léon en est trés-amoureux.
BéCBARSS.
Leur fils? (Froidomeni.) Je l'en détacherai.
SCZANKE, étonnée
Ilaî... El'e aussi, elle est fort éprise!
BéCEARSS.
De lui?...
AUZANXE.
Oui.
BiCEARSSy froidrmrnl.
Je l'en guérirai.
8UZAIfII£, plus .wrpris^.
Ifa! ha!... Madame, qui le sait, donne les mains a leur union.
B^EARSS, froidement.
Nous la ferons changer d'avis.
SCZAHNE, ctupéfaite.
Aussi?... Mais Figaro, si je vois bien, est le confident du jeune liomme.
i:£gearss.
C'est le moindre de mes soucis. Ne serais-tu pas aise d'en être délivrée !
SUZAIfRE.
S'il ne lui arrive aucun mal...?
BÉGEARS».
Fi donc! la seule idée flétrit l'austère probité. Mieux instruits sur leurs intérêts, ce sont eux-mêmes qui changeront d'avis.
SDZAimB, incrédule.
Si TOUS faites cela, monsieur...
BiCEARSS, appuyant.
Je le ferai. — Tu sens que l'amour n'est pour rien dans un pareil arrangement. (L'air carosant.) Je n'ai jamais vraiment aimé que toi.
S0ZAN5E, incrédule.
Ah ! si madame avait voulu...
BÉGEARSS
^y-^ l'aurais consolée sans doute; mais elle a dédaigné ''mes vœux !... Suivant le plan que le comte a formé, sla comtesse Ta au couvent.
8DZA55E, mement.
Je ne me prèle à rien contre elle.
BÉGEARSS
Que diable ! il la sert dans ses goûts ! Je t'entends toujours dire : Ah ! cest un ange sur h terre!
<CZA5NB, en colAre.
Eli bien ! faut-il la tourmenter?
BÉCEARS.^, riant.
Non; mais du moins la rapproclier de ce ciel, la fiatrie des anges, dont elle est un moment tombée !.. . '
El puisque dans ces nouvelles et merveilleuses lois le divorc<* s'est établi...
SUZAKin!, vivement.
Le comte veut s'en séparer?
BéCBARSS.
S'il peut.
SUZANNE, en colère.
Ah ! les scélérats d'hommes ! quand on les étranglerait tons!...
BÉGEARSS
J'aime à croire que tu m'en exceptes.
8DZAIIIIE.
Ma foi !... pas trop.
BéGEARSS, riant.
J'adore ta franche colère : elle met à jour ton bon cœur. Quant à Pamoureux chevalier, il le destine à voyager... longtemps. — Le Figaro, homme expérimenté, sera son discret conducteur, (n lui prend la main.) Et voici ce qui nous concerne : Le comte, Florestine'et moi, habiterons le même hôtel : et la chère Suzanne à nous, chargée de toute la confiance, sera notre surintendanU commandera la domesticité, aura la grande main sur tout. Plus de mari, plus de soufflets, plus de brutal contradicteur; des jours filés d'or et de soie i lia vie la plus forlunée!...
SUZAHTtB.
A vos cajoleries, je vois que vous voulez que je vous serve auprès de Florestine?
aécEARSS, careaant.
A dire vrai, j\ii compté sur tes soins. Tu fus toujours une excellente femme ! J'ai tout le reste dans ma main ; ce point seul est entre les-tiennes.-(ViTeroent.)Par exemple, aujourd'hui tu peux nous rendre un signalé... (Su-
launc Texamine. Bégeam m reprend.) Je dis Un signalé ^ p.ir
l'importance qu'il y met. (Froidement.) Car ma foi, c^est bien peu de chose! Le comte aurait la fantaisie... de donner à sa fille, en signant le contrat, une parure absolument semblable aux diamants de la comtesse. 11 ne Toudrait pas qu^on le sût.
SUZANNE, rarprise.
Ha! ha!...
BKGEARfS.
Ce n'est pas trop mal m l De beaux diamants terminent bien des choses ! Peut-être il va te demander d'apporter l'écrin de sa femme, pour en confronter les dessins avec ceux de son joaillier...
8CZARAE.
Pourquoi comme ceux de madame? G*est une idée assez bizarre,
BÉGEARSS
Il prétend qu'ils soient aussi beaux... Tu sens, pour moi, combien c'était égal! Tiens, vois-tu? le voici qui vient.