‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 333 sur 607 · SCÈNE VI LA COMTESSE^ BÉGEARSS · texte numérisé non relu

SCÈNE VI LA COMTESSE^ BÉGEARSS

BéCEARSS

Combien j'ai souhaité pour vous le moment auquel nous touchons !

LA COMTESSE, étouffée.

. 9 mon ami, quel jour nous choisissons pour con-

sommer ce sacrifice ! celui de la naissance de mou malheureux fils ! A celte époque, tous les ans, leur consacrant celle journée, je demandais pardon au ciel, et je m'abreuvais de mes larmes en relisant ces tristes lettres. Je me rendais ou moins le témoignage qu'il y eut entre nous plus d'erreur que de crime. Ah ! faut-il donc brûler tout ce qui me reste de lui 7

BÉGEARSS

Quoi ! madame, détruisez-vous ce fils qui vous le représente ? ne lui devez-vous pas un sacrifice qui le préserve de mille affreux dangers ? Vous vous le devez à vous-même, et la sécurité de votre vie entière est attachée peut-être à cet acte imposant, (il ouvre le semi

de récrin et en tire les lettres.)

LA COMTESSE, surprise.

Monsieur Bégearss, vous l'ouvrez mietix que moi !... Que je les Use encore !

BÉGEAUSS, séTérement.

Non, je ne le permettrai pas.

LA COMTESSE

Seulement la dernière, où, traçant ses tristes adieux du sang qu'il répandit pour moi, il m'a donné la leçou du courage dont j'ai tant besoin aujourd'hui.

BÉGEARSS, s'y opposant.

Si VOUS lisez un mot, nous ne brûlerons rien. Offrez au ciel un sacrifice entier, courageux, volontaire, exempt des faiblesses humaines ! ou, si vous n'ot>ez l'accomplir, c'est à moi d'être fort pour vous. Les voilà

toutes dans le feu. (il y jette le paquet.)

LA COMTESSE, viTcment.

Monsieur Bégearss, cruel ami, c'est ma vie que vous consumez ! Qu'il m'en reste au moins un lambeau ! (Elle

Teut se précipiter sur les lettres enAammées ; Bégearss la retient û bras-le-corp$«

J'en jetterai la cendre au vent.

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