‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 342 sur 607 · SCÈNE V LÉON, BÉGEARSS · texte numérisé non relu

SCÈNE V LÉON, BÉGEARSS

lioif.

Monsieur Bégearss, je suis au désespoir !

BéCBARSS, d'an ton protecteur.

Qu'est-il arrivé, jeune ami T

LÉON

Mon père vient de me signifler, avec une dureté !... que j*eusse à faire, sous deux jours, tous les apprêts de mon départ pour Malte. Point d'autre train, dit-il, que Figaro, qui m'accompagne, et un valet qui courra devant nous.

BEGEARSS

Cette conduite est en effet bizarre, pour qui ne sait pas son secret ; mais nous qui Tavons pénétré, notre devoir est de le plaindre. Ce voyage est le fruit d'une frayeur bien excusable : Malte et vos vœux ne sont que le prétexte ; un amour qu'il redoute est son véritable motif.

LÂOIf, arec douleur.

Mais, mon ami, puisque vous l'épousez!

BiOBARSS, confidentiellement.

^Si son frère le croit utile à suspendre un fâcheux départ !... Je ne verrais qu'un seul moyen...

0 mon ami ! dites-le-moi.

BÉGEARSS

- Ce serait que madame votre mère vainquit cette timidité qui l'empêche, avec lui, d'avoir une opinion à elle ; car sa douceur vous nuit bien plus que ne ferait un caractère trop ferme. — Supposons qu'on lui ait donné quelque prévention injuste : qui a le droit, comme une mère, de rappeler un père à la niison ? Engagez-la à le tenter... non pas aujourd'hui, mais... demain, et sans y mettre de faiblesse.

LÉON

Mon ami, vous avez raison : cette crainte est son vrai motif. Sans doute il n'y a que ma mère qui puisse le faire changer. La voici qui vient avec celle... que je n'ose plus adorer. (Avec douleur.) 0 mon ami, rendez-la bien heureuse!

BÉGEARSS, caressant.

En lui parlant tous les jours de son frère.

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