SCÈNE V LÉON, BÉGEARSS
lioif.
Monsieur Bégearss, je suis au désespoir !
BéCBARSS, d'an ton protecteur.
Qu'est-il arrivé, jeune ami T
LÉON
Mon père vient de me signifler, avec une dureté !... que j*eusse à faire, sous deux jours, tous les apprêts de mon départ pour Malte. Point d'autre train, dit-il, que Figaro, qui m'accompagne, et un valet qui courra devant nous.
BEGEARSS
Cette conduite est en effet bizarre, pour qui ne sait pas son secret ; mais nous qui Tavons pénétré, notre devoir est de le plaindre. Ce voyage est le fruit d'une frayeur bien excusable : Malte et vos vœux ne sont que le prétexte ; un amour qu'il redoute est son véritable motif.
LÂOIf, arec douleur.
Mais, mon ami, puisque vous l'épousez!
BiOBARSS, confidentiellement.
^Si son frère le croit utile à suspendre un fâcheux départ !... Je ne verrais qu'un seul moyen...
0 mon ami ! dites-le-moi.
BÉGEARSS
- Ce serait que madame votre mère vainquit cette timidité qui l'empêche, avec lui, d'avoir une opinion à elle ; car sa douceur vous nuit bien plus que ne ferait un caractère trop ferme. — Supposons qu'on lui ait donné quelque prévention injuste : qui a le droit, comme une mère, de rappeler un père à la niison ? Engagez-la à le tenter... non pas aujourd'hui, mais... demain, et sans y mettre de faiblesse.
LÉON
Mon ami, vous avez raison : cette crainte est son vrai motif. Sans doute il n'y a que ma mère qui puisse le faire changer. La voici qui vient avec celle... que je n'ose plus adorer. (Avec douleur.) 0 mon ami, rendez-la bien heureuse!
BÉGEARSS, caressant.
En lui parlant tous les jours de son frère.