‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 540 sur 607 · VIEILLE RONDE GAULOISE ET CIVIQUE · texte numérisé non relu

VIEILLE RONDE GAULOISE ET CIVIQUE

Chantée pour la rentrée d'Eugénie Beaumarchais de son couvent dans la maison paternelle, dédiée à sa mère et brochée par Pierre-Augustin, son père, le premier poète de Paris — en entrant par la porte Saint-Antoine.

Sur l'air : Hof ho! s'fit-il, c'est la raison

Que je sois maître en ma maison.

Hier, Augustin-Pierre,

(bis.)

Parcourant son jardin.

{bis.)

Regardant sa chaumière.

Disait d'un air chagrin :

Je le veux ; car c'est la raison

(bU.)

Que je sois maître en ma maison.

(bis.)

Quelle sotte manie,

Du bonheur me privant,

Retient mon Eugânk

Dans un fatal couvent?

Je veux l'avoir : c'est la raison Que j'en sois maitre en ma maison.

Elle use sa jeunesse

A chanter du latin.

Tandis que la vieillesse

Me pousse vers ma fin !

Tant que je vis, c'est la raison Que je l'embrasse en ma maison.

Sa mère, et vous, ses tantes.

Courez me la chercher ;

Vous, nos braves servantes,

Préparez son coucher :

Préparez-le ; c'est la raison Qu'on m'obéisse en ma maison.

Roussel ! ouvrez la grille ;

Je l'entends, je la voi.

Mes amis, c'est ma fille

Qu'on ramène chez moi !

Pensez- vous pas que c'est raison ' Qu'elle entre en reine en ma maison ?

Dans mon verger de Flore, Vois mes berceaux couverts;

MÉLANGES

Chaque arbre s*y colore, Mes gazons sont plus verts :

C'est toujours la belle saison Quand tu parais dans ma maison.

Tous ces beaux, que Ton nomme,

Te lorgnent-ils déjà?

Dis-leur : Mon gentilhomme,

N'êtes-vous que celaî Des parchemins et du blason N*ouTriront point cette maison.

Esprit en miniature,

Gros col et soulier plat,

Breloque à la ceinture.

Bien étriqué, bien fat !

Rions-en, car c'est la raison Que Ton s'en moque en ma maison.

Si quelque autre, plus tendre.

Te fait contes en Tair,

Laisse-moi les entendre;

Car ton père y voit clair :

Je te dirai si c'est raison Qu'il soit reçu dans ma maison.

Tel excellent jeune homme

Voit le ciel dans tes yeux ;

Di&-lui : Bel astronome.

Parlez à ce bon vieux; II est mon père, et c'est raison Qu'il ait un gendre à sa façon.

S'il a pour la tribune

Quelque talent d'éclat,

Qu'importe sa fortune,

Juge, écrivain, soldat.

Esprit, vertu, douce raison :

Voilà son titre en ma maison.

Enfin, s'il se sait faire Un beau nom quelque jour, Surtout s'il sait te plaire.

S'il n'est point de la cour.

Je lui dirai : Mon beau garçon.

Épouse-la dans ma maison.

11 est juste qu'en France

Fille de beau maintien

Désormais récompense

Tout jeune citoyen Que l'on proclame avec raison Le digne honneur de sa maison.

Amis, chantons ma fille !

Citoyens, |)onnes gens,

Soyez tous ma famille ;

Mais chassons les méchants, Les fous, les sots ; c'est la raison Qu'ils soient bannis de ma maison.

Vous qui nommez chimères

Ces biens dont je jouis.

Pour Dieu ! devenez pères ;

Vos cœurs épanouis Clianteront tous : Cest la raison Qu'on ait sa fille en sa maison.

ROMANCE

QUI DOIT ÊTRE CnANTÉE LENTEMENT ET AVEC CM GRA.^1

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