AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
— EXTRAIT
De ma retraite prés de Hambourg, ce 5 août ITS^
Citoyens dont le comité est composé en ce moment, souffrez encore une fois qu'un citoyen proscrit injustement de son pays, qu'il n'a pas cessé de servir, s'idresse à vous directement, non pour plaider ses iulêrêts, mais pour vous parler un moment de ceux qu'il croit être les vôtres, unis à ceux de la nation.
Je m'en souviens : dans ma jeunesse, il naquit uu premier enfant du dauphin, père de Louis XVI; on œe lit sortir du collège pour voir les réjouissances. La nuilr courant les illuminations, je fus frappé d'un transparent posé sur le haut d'une prison, avec ces mots trèiénergiques : Vsque intenebris! Ils me saisirent si vivement, qu'il me semble les lire encore. La joie publique avait passé jusque dans Thorreur des cachots. Ce que 1"? transparent disait (la naissance du fils d'un prince étant la joie de ce temps-là), moi je le dis aujourd'hui poor
ijet plus important ; la joie du superbe triomphe >s soldats à Quibei*on a passé dans mon cœur au d'un grenier d'Allemagne, où je gémis depuis deux caché ^ous un nom inconnu, des injustices de espèce dont on m'abreuve en mon pays. Utque in ris est Tépigraphe de ma situation, st sur les suites de celte victoire Ide Quiberon, ive pour la paix que nous désirons tous, que je vous soumettre les réflexions d'un citoyen in tene-
vainqueurs généreux, vous n'abusez pas de votre iphe pour en faire une boucherie, vous allez conir l'estime de tous les partis. C'était dans les revers les Romains restaient ennemis implacables; ils Dt grands et généreux sitôt qu'ils avaient des succès, conduite également noble et ferme leur a valu )ire du monde. La vengeance la plus complète et la fructueuse de toutes est de traiter les Français ^us et soumis avec une générosité qui vous soumetous les autres.
rmettez-moi de vous citer un exemple du grand de la conduite que j'indique ; la ressemblance des est frappante..
ndant la guerre de l'Amérique insurgée contre ;leterre oppressive, une armée entière d'Anglais et léricains loyalistes (c'était bien là leurs émigrés) mdit du Uaut-Ganada par le lac Ghamplain et les es, sous les ordres, si je m'en souviens bien, du rai Burgoyne. Arrivée jusqu'au cœur de la nouvelle blique, cette armée fut enveloppée dans les plaines iratoga, et forcée de mettre bas les armes et de se re à discrétion. Le congrès général, aussi prudent généreux, sentit qu'une paix honorable et la base [ouvemement qu'il formait allaient dépendre, aux de la nation, de Tusage qu'il ferait de cette victoire ante. Il offrit le pardon à tous ceux qu'il avait soudes terres à cutiver à tous les Anglais et Uessois lésireraient s'établir dans le pays qu'ils avaient voulu jguer. Washington, consulté, qui donna ce noble cil, consolida sa grande réputation, que rien depuis pu détruire. Le gouvernement d'Angleterre sentit n peuple qui usait aussi noblement du triomphe désormais invincible, car sa conduite généreuse, en conquérant tous les cœurs, soun^ettait toutes les ons.
Français! vous qui gouvernez des Français plus
es entre eux que n'étaient les Américains, vous qui
comme membres d'une assemblée agitée, à ra-
îr une foule de cœurs aigris par les horribles
liés de ceux auxquels vous avez succédé sans avoir
eurs complices, je ne doute pas que vous n'ayez
aussi vivement que moi-même de quel prix est
lement que la fortune vous présente. Pardonnez à
Tisonniers ! Quelque sort que vous leur fassiez, ils
plus le droit de s'en plaindre. Vous les avez
:us les armes à la main, mais sachez aujourd'hui,
r hasard vous l'ignorez, qu'il n'y a pas un seul Fran-
panni ces émigrés vaincus, qui rougisse de l'avoir
été par des Français, qu'il n'y en a pas un qui ne soit plus que vous l'ennemi prononcé de ces Anglais qui les emploient. Sachez que c'est au besoin seul de subsister et de ne pas mourir de faim qu'ils ont cédé pour se soumettre à ces arrogants insulaires ; sachez surtout que le ministre Pitt est perdu radicalement si vous adoptez cette idée, qu'on ne lui pardonnera pas le lûtonnement de sa conduite, la fausseté de ses mesures, la nullité de ses succès, et qu'un cri général applaudissant à votre humanité, vous aurez plus fait contre lui, et pour vous et pour votre gloire, pour assurer votre stabilité et la confiance universelle, oui, vous aurez plus fait par ce seul acte généreux que par tous les exploits presque incompréhensibles par lesquels nos armées ont étonné toute l'Europe. C'est vous seuls qui ferez la paix, la prescrirez, la dicterez même aux Anglais, dont une grande partie déleste les mesures prises par leur gouvernement pour vous troubler dans la forme libre du vôtre. Et, citoyens (j'ai déjà pris la liberté de vous l'écrire), si vous étiez bien reconnus, dans un honorable traité, par ces Anglais (que la seule vanité arrête), commepeuple libre et souverain, pesez ce mot,ô citoyens ! vous députés! vous Convention! vous seriez parvenus au faîte de la gloire ; car l'Europe entière suivrait sans hésiter ce grand exemple, et c'est alors que vous auriez acquis, conquis le droit si beau de délibérer sagement, si le gouvernement d'un seul, le plus fort, le plus net et le plus rapide de tous dans l'exécution des projets mûris profondément par les assemblées législatives, convient mieux à un grand pays que toute autre répartition de ce pouvoir si orageux ; vous pourriez modifier ce pouvoir au gré de toute la nation , glorieuse ellemême de vous voir agiter cette question paisiblement après de grands succès, après des actes généreux qui ne laisseraient plus craindre à personne le retour de ce terrorisme avec lequel on contient des esclaves, mais qui ne peut être la base d'un gouvernement raisonnable.
Pierre-Adgdsti.i Carox-Beacmarcuais,
Commissionné, proscrit, errant, persécuté, mais nullemeillf
trattre, ui émigi-é.
AUX COMÉDIENS FRANÇAIS
Ce 14 germinal an V.
Mes chers concitoyens, vous qui représentez tant de belles choses et si bien, vous en avez une médiocre sur le chantier de vos études, du faible estoc de votre serviteur.
Sur cette médiocrité, vous l'avez vu, je n'ai montré nul indiscret empressement pour que ma mère * obtint la préférence; mais de ce que vous avez paru en aimer
* Son drame de U Mirt coupable.
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do conseil des
coBsâl des SDDens, I'b
leqne] sons dîmiK, subsistances sik-
tu Korriiinal, on V.
Ji( lU liinr. mon ()liiirli*N, iiti dlncr dont le souvenir nuni|nprit lonKliMupMdnnH ni.i im'MMoiro par le choix |iiH itui^ don luiiMsrM ipii* iiotn» ami Dumas < avait i",\S' »M ndili ■« ilir/ '•(Mi Ik^m*. Ja<lis. «piaud je diuais chez li>M fitfUidn di« ri'.liU. j*rlaiN toujours cluxpiô du rnniii>->t'< do ^own do (oum I(*.h rarailôros tpio la soulo nai'-auio l<u*.ad admolho. hos m>Is tK» (pialilô, dos UuIm^ do*< on pl;u'l^ ^W\ luunmt^ \ains do lours riilio-HO-i, do jonuos nnpudonl.s, »Ion otupiollos. olo. Si co \\\HM\ pa*i l.n\ho du bon Not\ isolait au moin> la cour du uu ISMaud, nuu\ luoi\ sur \u\i;l-<pialiv poi^ouuos alldd»o^. d u) \\\ avail pas uuo »pruu maud nu*'^ \\W povMMUhd u\mU uum^ au po>lo \\\\\\ ^HVUpO. l.'ô- \m\, ^\ w p^»*'' duv au\vi. \m ovoolloul c*a7r.jj^ dv^ la
^VpuM^pVO h,U\v.UN%\«l U\OU >dfMKMOU\. jv^losiv^,ud.u>
»ou^ .u ,^ppl»,pnul À vhacuu dVuv lo i;r4Uvi morUo qui Ivx Ni\xî»UsUs^ Nou^ l>m> mMU> Is^ sCuokV, U^mw^u» \Auv,uour À l^itvr.Kh, e;c.. <l
,;v\ .^ Uv,i '„^ x.^^s^aNmv^^vaïîo x;uoi; :?s«;!
ds AncieDS, Tiin des sontioj ^ ^ rmr^nt'im concrr les xnarchîsies.
I^ .^ï^fitradSariuc. oraDd homme de giierre,etqii] ^ Caul r^isç^ de Tjodan.
I hiàsUtr^ àèktaear doqoenl, courageui des prin dp»^ il csQSâl des Ciiq oeols.
bt cLÎQKilre de la polke généraJe, Cocboo, Fa is j faoaunes poissants qm sareat le miem faire Urne ï l'aTaut^^e de la Datioo an ministère difficile.
Vaubianc, da conseil des Xonq-cents, le détav des colonies contre tous les usurpateurs.
Le : jeune Kellermann, qui, blessé, nous t0t Tioi;^'-cinq drapeaux de la part de Bonaparte.
Le général Menou, qui s'est acquis une gloire iimortelle en refusant de faire tirer sur les dtojasoi vendémiaire.
Le général Dumas, du conseil des Anciens; ce m n*a plus besoin d'éloges.
Lehoc, qui est chargé de nos affaires en Suéde.
Zac-Siathieu, soutien de lac onstilution, oofnnieliH ses amis du conseil des Anciens.
Portalis, du conseil des Anciens, dont la mâk è^ quonce a renversé cent fois les noires entrepibtf de ennonùs de l'intérieur, et dont on attend apréwfeoaa un rapport contre la calomnie et les abus iosêpanbles do la presse en sa liberté.
Mathieu, commissaire général de rarmêe du ^èûêi Mureau.
Bandeau, général de brigade, aide de camp dugéûÉrai Moreau.
l.oyel, son second aide de camp.
Rauiel. colonel des irrenadier* qui ^rdent Le car^'S ' législatif.
là povn* dernier et plus uiinirne c:«n^lv^, votre aamoi. rol»>er\.Ueur, qui ,vUi>5JLil dirii la p4énitoif '^ Tàuie.
Le din.r â t:c ii^^ini:,^. j»:«iu: îe^jyiEiI. tit^-àu;,»bie «.t <::iU: :t\ :.:t .n i-. rijf S£»uVi:ïn> j.^ i^ec itoît 'ijL'A liivX-v. N •»\»:3S Iljlmj ç~Dt ^iCTf t.û: ^ôi* ï<f3K
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LETTRES
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Paris, ce 18 prairial an V (6 juin 1797).
Yolre leltre du 27 floréal, mon cher T***, n'esl répondue par moi qu'aujourd'hui, parce qu^elIe m*est arrWée au fort de mon déménagement. Je viens de re- ▼enir dans ma maison du boulevard, dont le séquestre n'était pas levé quand je suis rentré dans Paris. Le triste motif qui m'y ramène est l'opposé de celui qui la fit construire, le besoin d'économie. Ma fortune, trois quarts détruite par une persécution de quatre années, ne me permet pas de payer un autre loyer, fendant que ma maison dépérit faute d'être habitée.
Mon rappel, après bien des travaux, a été honorable; mais ce qui est perdu est perdu. Heureusement on peut se montrer pauvre, sans être humilié du malaise comme autrefois; c'est un des biens de la révolution. le cours après tous mes débris ; car il faut laisser du pain à mes enfants après la mort qui commence à me talonnex, comme vous le présumez pour vous-même, fooique vous soyez asthmatique, ce qui, dit-on, est un lireTet de longue vie peu agréable ; mais quand on a font savouré, l'existence presque entière est dans les aoinenirs. Heureux celui chez qui le bien peut compenser le mal!
Ma fille est prête d'accoucher : elle est la femme d'un bon jeune honune qui s'obstinait à la vouloir quand on croyait que je n'avais plus rien. Elle, sa mère et moi, avons cru devoir récompenser ce généreux attachement; dnq jours après mon arrivée, je lui ai fait ce beau présent. Ils auront du pain, mais c'est tout; à moins que l'Amérique ne s'acquitte envers moi, après Tingt ans d'ingratitude.
Je n'aime pas que, dans vos réflexions philosophiques, vous regardiez la dissolution du corps comme Favenir qui nous est exclusivement destiné; ce corps-là n^est pas nous : il doit périr sans doute, mais l'ouvrier d*un si bel assemblage aurait tait un ouvrage indigne de sa puissance, s'il ne réservait rien à cette grande &culté à qui il a permis de s'élever jusqu'à sa connaissance. Mon frère, mon ami, mon Gudin, s'entretient souvent avec moi de cet avenir incertain ; et notre conclusion est toujours : Méritons au moins qu'il soit bon; s'il nous est dévolu, nous aurons fait un excellent calcul ; si nous devons être trompés dans une vue si consolante, le retour sur nous-même, en nous y préparant par une vie irréprochable, a infiniment de douceur.
Le Théâtre-Français vient de reprendre mon dernier essai dramatique, fait en 17'Ji, la Mère coupable. Soit que la perfection du jeu lui ait donné plus de mérite, soit que Tesprit public se tourne avec un goût plus sûr
vers les sujets d'une grande moralité, cette pièce a eu un tel succès, que j'en suis étonné moi-même. On m'a violé, comme une jeune fille, à la première représentation ; il a fallu paraître entre Mole, Fleury et mademoiselle Contât. Mais le public qui demandait l'auteur n'est plus cette assemblée moqueuse de talents qui le font pleurer malgré elle ; ce n'est plus un homme dont le plus sot des nobles se croyait supérieur, que l'on veut voir pour en railler : ce sont des citoyens qui ne connaissent de supériorité que celle accordée au mérite ou aux talents, qui désirent voir l'auteur d'un ouvrage touchant, dont des acteurs, rendus à la citoyenneté, viennent de le faire jouir avec délices. Peut-être s'y est-il mêlé un peu de ce noble désir de dédommager un bon citoyen d'une proscription désastreuse ! Quoi qu'il en soit, moi, qui toute ma vie me suis refusé à cette demande du public, j'ai dû céder ; et cet applaudissement prolongé m'a fait passer dans une situation toute neuve : j'étais loué par mes égaux ; j'ai pu goûter la dignité de l'homme.
En voilà trop sur un pareil sujet. Rappelei-moi à votre épouse respectable.
AU MÊME
Paris, ce 5 firnctidor an V (Î7 août 1797).
Vous n'avez pas, mon cher, une juste idée de mes occupations. Le désordre effroyable qu'une proscription de trois ans a mis dans mes afl'aires, en jetant à vaul'eau les cinq sixièmes de ma fortune, use mon temps, mes facultés à recueillir mes restes dispersés.
La littérature dramatique exige une sérénité d'esprit qui me manqué ; et la Mère coupable ne verrait point le jour, si elle n'eût été finie en \ 791 . Le temps de ces plaisirs n'existe plus pour moi ; il me faut travailler, lutter contre le malaise, pour empêclier que la grande détresse ne m'atteigne à la fin, ainsi que ma famille. C'est le repos d'esprit qui me manque à l'âge où j'en ai tant besoin !
Mon digne ami Gudin, qui n'a rien dérangé de ses
travaux dans la retraite où il s'était fait oublier, rentré
chez moi pour notre bonheur réciproque, me soutient,
me console, et finit son grand ouvrage.
Je vous envoie un exemplaire de la dernière édition de la Mère coupable, avec un très-peu long discours
préliminaire qui est tout ce que mon loisir m'a permis de brocher sur un sujet inépuisable, notre art dramatique français, que je tâche de ranimer plutôt par de bons conseils que par de bons exemples. Vous me le demandez, le voilà.
J'apprends par votre lettre que vous vous faites esti-
LETTRES
mer par des occupations utiles ; la nature vous a donné toute Tétoffe nécessaire pour bien remplir tous les travaux auxquels vous voudrez vous livrer. Les aspérités du jeune âge ont été râpées, adoucies par des frottements très-violents; vous êtes devenu un honorable citoyen; ne redescendez jamais de la hauteur où vous voilà, et vous vérifierez pour moi cette assertion morale que j'ai mise dans une des pages de mon discours sur la Mère coupable : que tout homme qui n*e$t pas né un épouvantable méchant finit toujours par être bon quand Vâge des passions s'éloigne, et surtout quand il a goûté le bonheur si doux d'être père.
Les maux du corps sont des accidents de notre être. . Je suis sourd, moi, comme une urne sépulcrale; ce que les gens du peuple nomment sourd comme un pot. Mais un pot ne fut jamais sourd ! au lieu qu*une urne sépulcrale, renfermant des restes chéris, reçoit bien des soupirs et des invocations perdues auxquelles elle ne répond point ; et c'est de là qu'a dû venir l'étymologie d'un grand mot que la populaire ignorance a gâté.
Je m'aperçois depuis longtemps que je suis refaiseur de proverbes. Adieu. S'il m'échappe d'autres bluettes littéraires, vous les aurez comme la Mère coupable.
AU CrrOYEN BAUDIN (des ardemres).
15 vendémiaire an VI (6 octobre 1797.)
A mon retour de la campagne, énergique défenseur de la justice et de l'immanilé, je dois vous remercier de l'excellent discours sur le système affreux des déportations générales. Si la question n'eût pas encore été jugée, votre discours l'eût emportée. Et ce qui m'en frappa le plus, c'est la chaleur de ce pur sentiment qui vous porte à traiter, même après coup, avec de nouvelles lumières, une question (jui semblait épuisée par la Ion Joueur des discussions. Cet amour expansif du bien en matière si importante vous honore, s'il se peut, plus encore que le très-grand talent que vous y avez déployé.
Le besoin irrésistible de consolation dans les maux (le la vie, avez-vous dit, est le principe de tout système de religion. Cela est vrai, très-èmineninient vrai. D'après ce moment, il est interdit de chercher quelle est la meilleure ou la pire. Aussi ne l'avez-vous pas fait. Vous avez raisonné en bon législateur. 11 faut de la révélation, de l'inspiration, et des prêtres, pour établir une croyance, quelle qu'elle soit ; vous l'avez dit encore. Reste à savoir quels biens politiques nous font ces œuvres de per>uasion, et s'il vaut mieux tromper les hommes que leur dire la vérité. L'indifférence pour le choix de toute secte qui s'établit est la majeslueuse conduite que doit tenir celui qui fait des lois; et vous avez Irésjustement blâmé Ihonnne qui s'est permis d'émettre
une opinion partiale, à la tribune retentissante, sur m objet qui n'était pas de son ressort.
Humains, humains, soyons doux et cléments! Nous sommes tous plus faibles que mécliaotsl
Conquête de Naplet^ ch. ut.
Je ne suis pas aussi content que vous du livre de M. Necker sur les opinions religieuses; et son exempte du commerce, dont vous avez usé vous-même, ne me parait pas très-exactement comparé. Le conmierce est d'une utilité bien prouvée; il fallait donc rencoora^er, même avec les maux qu'il- a faits. Nous n^n poavoB pas dire autant du mot abstrait qu'on nomme rdigim; car il devient vide de sens s'il signifie religion en ^ néral, qui, excepté celle que l'on adopte, n'est pow le plus intrépide croyant qu'un ramas de folles via» dans toutes celles auxquelles il ne croit pas. M k nous n'osant dire que ce ramas a quelque utihté ài les religions qui sont fausses y et par cela même fia»tesy aucun de nous n'est obligé de pardonner les nasi qu'elles ont faits, quand elles ont été domioalest en faveur de l'utilité, comme on le dit du haut coomerce.
Le grand soin du législateur est de faire si bien que. tous ayant liberté sur la leur, aucune d'elles ne domine : d'où suit que nul n'a droit d'en tourmenter on autre sur la croyance dont il est ; et là-dessus, idoosieur, vous êtes inexpugnable, et devenez Taugosle protecteur de toutes les victimes que Tanarchie a faites parmi les prêtres. Mais votre raisonnement de h page 27, où vous comparez les déportés aux émigré?, me paraît malheureusement propre à vous faire taxff de rigueur, comme vous paraissez le craindre; car h déportation forcée n'ayant aucun rapport à l'émigntion volontaire, la première ne présente qu'un homiM malheureux, quand l'autre nous montre un coupable : pourquoi rangerions-nous dans la classe des mallieurs qu'on nomme irréparables la déportation qu'ont subie des prêtres pour leurs opinions, lorsque, pour excusd" notre conduite à leur égard, vous êtes vous-raéwe obligé de supposer que les coupables émijnrés {Wirraient peut-être se prévaloir d'un rappel accordé à tant de malheureux tonsurés; et même de supposer encore qu'on n'a proscrit que les hommes ardonls, \orsm nous savons tous que ce n'est pas tel ou tel séiiitieiii qu'on a trié entre les prêtres, mais tous les prètrts qu'on a traités comme suspects d^ctre suspects de sentiments antirépublicains? Excepté ce fléchi>semenl Têrs un avis dont vous ne pouvez être, tout votre omnu'e est im chef-d'œuvre de bonté, de douco hunianilé. do discussion législative; et vous avez tonné contre \t principe dangereux de se mettre aunlessus des forineN en assurant, ce qui est Axai, que, cette barrière franchie, il n'est aucun lenne prévu où l'on pui>se indiquer que l'autorité gouvernante s'arrêtera dans les abus de son pouvoir.
Salut, estime, vénération.
AU PROPRIÉTAIRE Dt BIEN-IIS FORMÉ.
C« ti brumiire (0 Tl (4ii<}v«mbre1T97), CiTOTE»,
Tsque, pour succéder au journal le plus inslructil L France, et le seul qu'on put assimiler au Specla-
du célèbre ÂiJdison (l'HUIoritti '), on se donne le
de Bien-Informé, l'on ne doit pas laisser charger ruille, sur quelques points qui iulcressent te public, amassis des platitudes que l'ignorance débite dans aes.
« accidents, quels qu'ils puissent être, que tous itei à la compagnie des eaux de Paris, laquelle lis longtemps n'existe plus, et qui, lorsque ses étaemenls étaient dirigés par les fréret Perrier, n'a- &il au public aucune des absurdes promesses dont ■commis l'in/'oruieur (on ne peut plus mal informé) ; informe par vous, d'un Ion qui n'était pas celui olre prédécesseur; ces accidents, dis-je, ne la conent point.
ilte compagnie s'honorait d'avoir surpassé les An- . dans l'art de répondre » grands Ilots, par les maes il feu et des conduites combinées, tant de fer u que de bois, dans tous les quartiers de Paris, I si indispensable à la salubrité de l'air, i la proé des maisons, h la commodité des habitants d'une
immense; elle avait réussi à la faire aborder out, au quart moins de frais pour cliacun que le
qu'on en obtenait par les porteurs d'eau à bres. Ceci n'est point un texte à des boufToaneries. » désordres occasionnés par les temps réTolutionis ont détruit celle compagnie, et suspendu plurs années le beau senice dis macliines. Pendant ce )s, plus de quarante mille toises de tuf aux se sont édics et fendus. Le déparlement de Paris s'occupe urd'hui du soin de les réparer à grands frais. Telle a cause malheureuse de plusieurs accidents possi-
lesquels ne devaient pus lournir l'idée d'un arlilussi pitoyablement f^iit que le remplissage inséré re la compagnie Perrier dans une feuille à laquelle prétendez donner quelque réputation. Ce n'est t là le ton qu^un bon journalisle doit prendre, s'il eut être rejeté dans la classe des regraltiers comeurs de feuilles peu déceiiles dojit nous sommes
dégoAlés.
A\e lettre est d'un homme qui respectait le ci-
1 Dupont, et voudrait estimer son continua-
Cino>-BK«i' MARCHAIS, l'uit dfi premirn actionnairtt âe l'ulile enlrepriie det eaux, tl votre abonné.
■r H. PuponI (de ^el■loutt).
xciir
AU UNISTRE DES AFFAIRES ËTRANGÈRES TALLEYRAM).
CiTOTDt HISlSTItE,
Lorsque Bonaparte [signa les préliminaires de la paix, je fis glisser dans les journaux français qui franchissaient les Alpes ces quatre méchants petits vers, dont tout le mérite était dans l'intention, qu'il a trèsnoblement saisie et même devancée :
Jeuns Banapartt, de Ticloir» «n *ictoir«. Tu Dou* donnct II paii, et noi cœun lonl JniDi: Haia leut-Iu conquérir loui l« gtnm de gloircT Penic inosprirannii-nd-Olniuli'.
Ai^ourd'bui qu'il se moque de nous en se cachant te plus qu'il peut, je vous prie de lui en montrer ce mécontentement de ma paît :
le Fnnfiii. je cherche ui
Que le
Vous savei que je suis le premier poêle de Paris en entrant par la porte Antoine; mais je signe pour vous,
Buinuiicuu.
A H. h"* (des vosces).
Ce I" fWiitnt in TI (!U jinTirr ITtM).
Je n'ai pas voulu, citoyen, vous remercier plus 161 du présent que vous m'avez fait de voire beau discours, l'enlralneraenl de votre slvle à la première lecture ayant fait naître en moi le désir le plus vif de le relire lentement : ce que je ne nommerai pas une r«lule, mol impropre et barbare qui se glisse dans le français, sans qu'on puisse deviner ce qui l'a pu faire adopter, comme tant d'autres qui corrompent la première langue de l'Europe.
Yotre discours est purement écrit, plein de traits brillants, de vues, de connaissances approfondies sur les véritables mlérûls qui militent pour ou contre cet accroissement de puissance. Hais la partie politique n'est point celle dont je veux vous entretenir aujourd'hui : son vrai mérite littéraire est ce qu'il nous cou-
■ AUntion a Larijrelle.
LETTRES
fieot <k inàer entre nous deux hommes de lettres, dcpot ' Fim commence §a carrière, qiUDd l'autre toucbe à la ûd de b SKffjne.
Totre discours a Fédat oratoire qui l'eût rendu trêsenfrainaiit à la première des tribunes, et qui me Fa > fait dérorer. Si, pour m'acquitter enrers tous du pbi- j sir qu'il m*a tait, tous tw' permettez quelques (hser- Tations qui ne doivent qu'être agréables à un bonuue d*un grand talent, je tous dirai que cet éclat, ce mérite \ qui TOUS honore, est pourtant le moindre de ceux qui • m'ont frappé dans votre ourrage. •
De cela $eul que vous Favez nommé ducoun^ je | Tois que, pour le rendre plus rapide et brillant, vous ! avez 'y:V'' dans vos notes une foule de choses fortes ' qui, répandues dans le corps de Fouvrage, lui eussent mérité ce nom d'ouvrage Lien prélérabie au but que vous avez rempli, celui de donner une haute idée de votre talent oratoire, quand vous pouviez élever ce discours à Fhonneur d'être regardé comme un ouvrage aussi instructif que profond, en faisant seulement rentrer vos belles notes dans le texte. Et ne croyez pas, écrivain, que* tous Feussiez rendu par là plus languissant; elles auraient nourri, varié les idées que vous présentez comme vôtres ; elles auraient porté jusqu'à la conviction les choses dont vous voulez persuader vos lecteurs, en y joignant Fautorité de tant d'écrivains respectés, dont tous tous appuyez vousmême.
En général, je ne suis point Fami des notes étendues et très-mu Itipliées : c'est un ouvrage dans un ouvrage, qui les amoindrit tous les deux. Un des secrets de Fart d'écrire, en inaliére sérieuse surtout, est, selon moi, le beau làlent de réunir dans le sujet qu'on traite tout ce qui tend à renforcer sa consistante; l'isolation des notes en affaiblit l'effet.
Enfin, pour terminer ce radotage d'un vieillard à qui votre discours a donné de l'estime pour vous, je vous dirai que celle esli'no a beaucoup augmenté en voyant dans vos notes avec quel soin vous avez étudié, dans toutes les lan^^ues do rEuropc, les grands auteurs qui ont traité les mêmes sujets avant vous. J'aime, dans un homme de votre âge, cette prouve donnée du soin qu'il a pris de s'instruire avant de parler au public. El ma remarque, un pou sévôre, sur la séparation do vos notes savantes d'avec votre toxl(; éloquent, montre, à tout bon esprit qui sait vous apprécier, (pio vous êtes loin d'avoir fait tout ce qu'on a droit d'altondro d'un homme qui débute ainsi.
Après avoir parlé do la forme de votre' ouvrage, dans un temps plus tranquille nous dirons quelques mots du fond. Je i^uis do votn» avis presque sur tout ce (jno vous avancez; et co en quoi nous différons mo semble abandonné au hasard dos événements, plutôt (jno soumis aujourd'bui à dos réj^Ies bien positives. }o vous félicite pour vous, en vous remerciant pour moi.
XCY
AC ICCISTRE DES FINAl^IES RÂMEL.
Paris, ce 50 germinal an Tl.
ClT0TE3l monSTKB,
Je TOUS jure que mon état deTient intolérable. J'aurais réglé le monde entier avec tout ce que j'à écrit pour cette détestable aflaire, qui use ma raison «t flétrit aa Tîeillesse. Voir des oppositiohs sur moi quâfti je suis patient créancier' toujours languir, loujooR attendre, sans jamais rien voir arriver! courir, frappa partout, et ne pouvoir rien terniiner, c'est le supplke d'un esclave, d'un sujet de l'ancien régime, et nook vie d'un citoyen français.
Souffrez que j'envoie un grabat dans un grenier de TOtre hôtel. On tous dira tous les jours : // est M. Vou? conceTrez alors qu'un homme désolé, jeté depuis sixass hors de sa place et ruiné, est excusable de désirer qu'« daigne s'occuper de lui.
• CAROH-BfiAUHAJLCHAlS. »