‹ Œuvres complètes de BeaumarchaisChapitre 72 sur 607 · LES DEUX AMIS, ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

LES DEUX AMIS, ACTE I, SCÈNE I

ditique et dangereux pour les négociants de Lyon exige qu*ilsse Toient...

PAULIKE.

U s'est retiré bien tard cette nuit!

MÉLAC HLS.

Us ont longtemps jasé. Mon père se plaignait à lui des fermiers généraux, qui me refusent la survivance de sa place de receveur général des fermes.

PAUURB.

Bien malhonnêtement, sans doute ?

MBLAC FU.S.

Sous prétexte qu'ils l'ont donnée. • Voilà comme TOUS êtes, lui disait votre oncle. Ne demandant jamais, un autre sollicite; il obtient le prix de vos longs services. • Mais savei-vous ce que j'ai pensé, Pauline? c'est que si quelqu'un dans la compagnie nous a desservis, ce ne peut être que Sainl-Alban-

PAULINE

Que vous êtes iiyuste ! J'ai vu tout ce qu'il a écrit en votre faveur.

MÉLAC FU^

On fait voir ce qu'on veut.

PAULINE

Toos vous plaisez bien à l'accuser.

MÉLAC pas.

Pas tant que vous à le défendre.

PAULINE, fâchée.

Tous m'impatientez. Depuis son départ, il faut donc se résoudre à voir toutes nos conversations rentrer dans celle-ci î

MÉLAC FOS, d'nn air Gn.

AOons, la paix. — Ils ont ensuite parlé de votre établissement... du mien... Mon père m'a fait signe, je me sois retiré; mais en sortant, j'ai entendu qu'il disait

un mot,... Ah! Pauline.... (U veut lai prendre la nuin.)

PAULINE se rectUe.

Eh bien! monsieur.

MiLAC HLS.

Un certain mot.

PAULINE r interrompt.

Je ne suis pas curieuse. — Parlons de la petite fête que nous préparons à mon oncle, à l'occasion de ses lettres de noblesse : y songez-vous T

MiLAC FILS.

Tai tout arrangé dans ma tête. Nous commencerons par on concert; peu de inonde, nous et nos maîtres. Sur b fin, on viendra l'avertir qu'on le demande. Pendant son absence, un tapis, deux paravents feront FaHaire, et nous lui donnerons la plus jolie petite pièce...

PAULHCE.

Oh ! point de comédie.

idLAC HLS.

Pourquoi?

PAULUIE.

Vous connaisseï la faiblesse de ma poitrine.

HiLAC FIU.

Un ne crie pas la comédie, ce n'est qu'en parlant

qu'on la joue bien. Figure charmante! organe flexible et touchant! de l'àme surtout... que vous manque-t-ilT une jeune actrice se fait toujours assez entendre, lorsqu'elle a le talent de se faire écouter.

PAULINE

Oh! ce n'est ni d'éloquence ni d'adresse qu'on vous accusera de manquer, pour ramener les gens à vos idées... Et les couplets que je vous ai demandés?

MéLAC FILS, tendrement.

Vous craignez qu'on ne les oublie ! injuste Pauline !...

PAULINE, l'interrompt en s'aaMjant.

Essayons encore une pièce avant de m'habiller.

MéLAC FILS, s'asBurant de Taccord da Tîolon.

Volontiers.

PAULINE

Donnez-moi le nouveau livre.

XÉLAC FILS, avec homeur.

Pourquoi ne pas suivre le même ?

PAULINE

Pour sortir un peu de l'ancien genre. Au reste, comme c'était uniquement pour vous...

MÉLAC FILS, d*an air incrédule.

Oui I pour moi !

PAULINE, riant.

Voilà bien les ingrats! cherchant toujours à diminuer l'obligation, pour n'être point tenus de la reconnaissance ! Cette musique n'est-elle pas plus piquante, plus variée?

m£lac fils, mécontent.

Piquante, variée, délicieuse! C'est lebeauSaint-Alban qui vous l'a choisie à Paris.

PAULINE

Et toujours Saint-Alban ! Vous êtes bien étrange! Votre souverain bonheur serait que personne ne m'aimât !

Je ne serai donc jamais heureux.

PAULINE

Vous voudriez... ^qu'on ne pût me souflrir.

v£lAC FILS.

Je ne désire point l'impossible.

PAULINE, gaiement.

Hé ! il ne faudrait pas trop vous presser pour vous le faire avouer ingénument.

MiLAC FILS.

Non; mais il est assez simple que je n'ahne point un homme qui affiche des sentiments pour vous.

PAULINE

Pour le venger de cette humeur, vous accompagne^ rez sa favorite.

MéLAC FILS.

Oh! non. (n pose le Tiolonfor une chaise.)

PAULINE

Vous me refusez?

MÉLAC FILS

J'aime mieux demander pardon de tout ce que j'ai

dit. (U se met & genoux.)

PAULINE

Et moi, je le veux.

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