SCÈNE IX
hE COMTE , LA COMTESSE assis, on joue les Folies d*Cspagiie d'un mouvement de mardie. ■
Lis Gaedss-chassx , fiisil sur l'épaule.
L'AxonAZii., LIS Pruo'hommxs , Bbid*oibow.
Ias PATtAVS XT I.U Patsavjtss cu habit de ftte.
Dxuz JBUHES FiLLis poTtaot la toque virginale à plumes blanches.
Dxux AUTRXS , le Toile blanc.
Deux autios y les gants et le bouquet de c6té.
Amroirio donne la main à Susavhk, comme étant eelui qui la marie à
Figaro.
D'autres jbuitbs Filles portent une autre toque, un autre voile, un autre
bouquet blanc , semblables au premier , pour Marceline. FiGiMio donne la main. a Marceline, comme celui qui doit la remettre au
Docteur, lequel ferme la marche, un gros bouquet aucété. Le» jeunes
filles en passant devant le comte , remettent à se& valets tous les ajuste-
mens destinés â Susahite et à Marceuhe. Les Patsavs et Patsaviies s'étant ranges sur deux colonnes i chaque côté
du salon , on danse mie reprise du fendango avec des castagnettes : puis on
joue la ritoumelle du duo, pendant laquelle Airroifto conduit SusAin» au
Comte ; elle se met à genoux devant lui.
' ( Pendant que le comte loi pose la toque , le voile et lui donne )e bouquet , deux jeunes filles chantent le duo suivant. )
Jeune épouse , chantez les bienfaits et la gloire
D'un maître qui renonce aux droits qu'il eut sur vous :
Préférant au plaisir la plus noble victoire ,
Il vous rend chaste et pure aux mains de votre époux.
SusAHNE est à genoux , et pendant les deux derdiersvers du duo, elle tire le (M)mte par son manteau , et lui montre le billet qu'elle tient : puis elle porte la main qu'elle a du côté des spectateurs , à sa (été , où le comte a !!air d'ajuster sa toque; elle lui donne le billet.
i86 LE Mariage de figaro.
Lb Goktb le met furtivement daus son sein ; on achève de chanter le duo ; la fiancée se relève , et lui fait une grande révérence.
Figaro vient la recevoir des mains du comte, et se retire avec elle , à Tautre côté du salon , près de Marceline.
( On danse une autre reprise du fendango pendant ce temps. )
Lb Comte , pressé de lire ce qu'il a reçu , s'avance au bord du théâtre et tire le papier de son sein , mais en le sortant il fait le geste d*uu homme qui s'est cruellement piqué le doigt ; il le secoue , le presse » le suce , et regardant le papier cacheté d^ujae épingle , il dit :
LE COMTE
(Pendant qu'il parle, ainsi que Figaro, roreheatre'joue pianissimo.) '
Diantre soit des femmes^ qui fourrent des épingles
partout ! ( il la jette k terre , puis U Ih le biflet et le ba îse.) FIGARO y qui a tant vu , dkàsa mère età Susanne :
C'est un billet doux qu'une fillette aura glissé dans sa main en passant. II' était cacheté d^une épingle , qui l'a outrageusement piqué.
(La danse reprend : le comte, qui a lu le billet, le retourne; il y voit riftvitation de renvoyer le cachet pour réponse. Il cherche à terre , et retrouve enfin l'épingle , qu*il attache à sa manche. )
( Figaro à Susanne et à Marceline. )
D'im objet aimé tout est cher. Le voilà qip ramasse lepingle. Ah ! c'est une drôle de tête !
( Pendant ce temps , Snsânne a des signes d'intelligence avec la comtesse..
La danse finit, la ritournelle du duo recommence. ) (Figaro conduit Marceline au comce, ainsi qu'où a conduit Slisanne; à^
l'instant où le comte prend la toque , et où l'on va chanter Je duo, on
est interrompu par les suivans : )
l'huissier criant à la porte.
Arrêtez donc , messieurs , vous ne pouviez entrer tous.... Ici les gardes ï les gardes !
( Les gardes vont vite à cette porte-) LE COMTE se levant.
Qu'est-ce qu'il y a?