‹ Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 178 sur 356 · ACTE I, SCÈNE H · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE H

FIGARO

Morbleu !

SUSANNE

Tu as le ton bien soucieux !

FIGARO

Furieux. (Elle se lèire.) £st-ce là notre convention? M'aidez-Yous franchement, Susanne, à prévenir un grand désordre? Serais- tu dupe encore de ce très -méchant homme?

' SUSANNE

Non j mais je crois qu'il se méfie de moi ; il ne me dit plus rien. J'ai peur en vérité qu'il ne nous croie raccommodés.

FIGARO

Feignons toujours d'être brouillés.

SUSANIVE.

Mais qu'as-tu donc appris qui te donne une telle humeur ?

FIGARO

Recordons - nous d'abord sur les principes. Depuis que nous sommes à Paris , et que M. Almaviva (il faut bien lui donner son nom , puisqu'il ne souffre plus qu'on l'appelle monseigneur)....

SU8AN9E avec humeur.

C'est beau ! et madame sort sans livrée ! nous avons l'air de tout le monde !

FIGARO

Depuis, dis-je, qu'il a perdu, pour une querelle du jeu, son libertin de fils aîné, tu sais comment tout a changé pour nous ! Comme l'humeur du comte est devenue sombre et terrible !

aSo LA MERE COUPABLE.

SUSA.NNE

Tu n'es pas mal bourru non plus !

FIGARO

Comme son autre fils paraît lui devenir odieux !

SUSANNE

Que trop!

FIGARO

Comme madame est malheureuse !

SUSAWNE.

C'est un grand crime qu'il commet.

FIGARO

Comme il redouble de tendresse pour sa pupille Fïo* restine ! Comme il fait surtout des efforts potir dénaturer sa fortune !

SUSANN£.

Sais -tu y mon pauvre Figaro! que tu commences à radoter ? Si je sais tout cela, qu'est -il besoin de me le dire?

FIGARO

Encore faut il bien s'expliquer pour s^assurer que l'on s'entend ! N'est-il pas avéré pour nous que Cdi astucieux Irlandais , le fléau de cette famille, après avoir chiffré, comme secrétaire, quelques ambassades auprès du comte, s'est emparé de leurs secrets à tous ? que ce profond maçhinateur a su les entraîner de l'indolente Es« pagne en ce pays, remué de fond en comble, espérant y mieux profiter de la désunion où ils vivent, pour séparer le mari de la femme, épouser la pupille, et enr vahir les biens d'une maison qui se délabre ?

Enfin, moi, que puis-je à cela?

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