‹ Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 182 sur 356 · BÉGEARSS, SUSANNE · texte numérisé non relu

BÉGEARSS, SUSANNE

BÉGEARSS

Mon enfant, je n'en reviens point. Quel est donc le sujet de son emportement?

SUSAirNE.

Il m'est venu chercher querelle ; il m'a dit cent horreurs de vous. Il me défendait de vous voir, de jamais oser vous parler. J'ai pris votre parti ; la dispute s'est échauffée; elle a fini par un soufflet.... Voilà le premier de sa vie ; mais moi , je veux me séparer ; vous l'avez vu....

BIÊGEARSS.

Laissons cela. — Quelque léger nuage altérait ma confiance en toi , mais ce débat l'a dissipé.

susANirc.

Sont-ce là vos consolations?

BIÉGEARSS:

Va , c'est moi qui t'en vengerai ! il est bien temps que je m'acquitte envers toi, ma pauvre Susanne! Pour commencer, apprends un grand secret.... Mais sommesnous bien sûrs que la porte est fermée ? (Susanne y va voir. II dit à part:) Ah! si je puis avoir seulement trois minutes récrin au double fond que j'ai fait faire à la comtesse , où sont ces importantes lettres !...

SUSANNE revient.

Eh bien ! ce grand secret ?

B^GEARSS.

Sers ton ami ; ton sort devient superbe. — J'épouse Flores tine ; c'est un point arrêté ; son père le veut absolument.

' 'SUSA.NNE

Qui ? son père ?

BÉGEAIiSS en riant.

Et d'oïl sors-tu donc? Règle certaine, mon enfant; lorsque telle orpheline arrive chez quelqu^un comme pupille, ou bien comme filleule, elle est toujours la fille du mari. (D'un ton sérieux.) Bref, je puis l'épouser.... si tu me la rends favorable.

SUSANNE^

Oh ! mais Léon en est très-amoureux. • , ,

BÉGEARSS

Leur fils ? (Froidement.) Je l'en détacherai.

StTSANNE étonnée'. ,

Ha !... Elle aussi, elle est fort éprise !

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