ACTE ni, SCENE H. 3oi
LA ÇOMTESSB.
Mais y comme si le ciel n'eût attendu aussi long4emps que pour me mieux punir d'une imprudence tant pieurée, tout semble s'unir à la fois pour renverser mes es* përances. Mon ëpoux dëteste mon fik.... Florestine renonce à lui. Aigrie par je ne sais quel motif, elle veut le fîiir pour toujours. Il en mourra, le tnalheui^ux! voilà ce qui est bien certain. (Elle joint lei mains.) Ciel vengeur ! après vingt années de larmes et de repentir, me réservez- vous à l'horreiir de voir ma faute découverte? Ah ! que je sois seule misérable ! mon Dieu ! je ne m'en plaindrai pas ! mais que mon fils ne porte point la peine d'un crime qu'il n'a pas commis ! Connaissez-vous , monsieur Bégearss , quelque remède à tant de mmxx ?
B^GEARSS.
Oui, femme respectable! et je venais exprès dissiper vos terreurs. Quand on craint une chose , tous nos regards se portent vers cet objet trop alarmant : quoi qu'on dise ou qu'on fasse, la frayeur empoisonne tout! Enfin je tiens la clef de ces énigmes. Vous pouvez encore être heureuse.
LA COMTESSE
L'est-on avec une ame déchirée de remords?
BÉGEARSS
Votre époux ne fiiit point Léon; il ne soupçonne rien sur le secret de sa naissance.
XA COMTESSE Tivement.
Monsieur Bégearss !
BiOEAASS.
Et tous ces mouvemens que vous prenez pour de la
3o4 LA MÈRE COUPABLE.
miner. Par là nos secrets sont couverts ; nul étranger ne les pénétrera. Après vingt années de souffrances nous passerons des jours heureux; et c'est à vous, mon digne ami, que ma famiUe les devra.
BliGEARSS élevant la voix.
Pour que rien ne les trouble plus, il faut encore un sacrifice, et mon amie est digne de le faire.
Hâas! je veux les faire tous.
B^GEABSS Fair împomit.
Ces lettres, ces papiers d'un infortuné qui n'est plus , il faudra les réduire en cendres.
LA COMTESSE vr^ douleur.
Ah! Dieu!
biEgearss.
Quand cet ami mourant me chargea de vous les remettre, son dernier ordre fut qu'il fallait sauver votre honneur, en ne laissant aucune trace de ce qui pourrait l'altérer.
LA COMTESSE
Dieu ! Dieu !
BiGEARSS.
Vingt ans se sont passés sans que j'aie pu obtenir que ce triste aliment de votre étemelle douleur s'éloignât de vos jeux. Mais indépendamment du mal que tout cela vous fait, voyez quel danger vous courez.
LA COMTESSE
Eh ! que peut-on av^ir à-craindre ?
BÉGEARSS regardant si on peut rentcndre.
(Parlant bas.) Je ne soupçonue point Susanne; mais une femme de chambre instruite que vous conservez ces