SCÈNE III
BÉGEARSS seul, le regardant aller.
Il ne farde plus ses desseins ! Notre homme est fier ! bon signe, il ne sait rien des miens; il aurait la mine
3i8 LA MÈRE COUPABLE.
bien longue s'il était instruit qu'à minuit.... (n cherche dans ses poches Tivement.) Ëh bien 1 qu'ai - je fait tlu pupier ? Le voici, (il lit) Iteçu de monsieur Fal, notaire , ies trois millions d'or spicifiés dans le bordereau cidessus^. A Raris^ le.... Alhayiva. — C'est bon; je tiens la pupille et l'argent ! Mais ce n'est point assez , cet homme est faible , il ne finira rien pour le reste de sa fortune, La comtesse lui impose \ illa craint , l'aime encore.... Elle n'ira point aiji couvent si je ne les mets aux prises, et ne le force à sf'expliquer.... brutalement. (Il M promène.) — Diable ! ne risquons pas ce soir un dénouement aussi scabreux : en précipitanLtrop les choses, on se précipite avec çUes. Il sera temps demain , quand j'aurai bien serre le doux lieq sacramentel qui va les
enchaîner à moi ? (il appuie ses deux mains sur sa poitrine.) Eh
bien! maudite joie qui me gonfles le cœur! |ie peux-fu donc te contenir ?... Elle m'étoufFera , la fougueuse ! ou me livrera comme un sot y si je ne la laisse un peu s'évaporer pendant que je suis seul ici. Sainte et douce crédulité! l'époux te doit la magnifique dot ! Pâle déesse de la nuit , il te devra bientôt sa froide épouse, (il fmtte ses mains de joie.) Bégearss ! hcqreux Bégearss !... Pourquoi l'appelez - vous Bégearss ? n'est - il donc pas plus d'à moitié le seigneur comte Almaviva? (D'un ton terribif^.) Encore un pas , Bégearss ! et tu l'es tout-à-fait. — Mais il te faut auparavant.... Ce Figaro pèse sur ma poitrine! car c'est lui qui l'a fait venir !... Le moindre trouble me perdrait.... Ce valet-là me portera malheur.... c'est le plus clairvoyant coquin!... Allons , allons, qu'il parte avec son chevalier errant !