‹ Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 82 sur 356 · ACTE m, SCÈNE V. iS · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE V. iS

LE COMTE mterrompant.

Vous pouviez fuir par Tescalier.

FIGARO

Et vous , me prendre au corridor.

I«E COMTE en colère.

Au corridor. (A part.) Je m'emporte, et nuis à ce que je veux savoir.

FIGARO à part.

Voyons-le venir, et jouons serré.*

LE COMTE radoucL

Ce n'est pas ce que je voulais dire , laissons cela.

J'avais oui, j'avais quelque envie de t'emmener à

Londres courrier de dépêches..., mais toutes réflexions fait^....

FIGARO

Monseigneur a changé d'avis ?

LE COMTE

Premièrement, tu ne sais pas l'anglais,

FIGARO

Je sais God''dam,

Je n'entends pas.

FIGARO

Je dis que je sais God^dam.

LE COMTE

£h biea !

FIGARO

Diable! c'est une belle langue que l'anglais, il en faut peu pour aller loin. Avec God^dam en Angleterre on ne manque de rien nulle part. — Voulez - vous tàter d'un bon poulet gras? entrez dans une taverne, faites

i38 LE MARIAGE DE FIGARO.

seulement ce geste au garçon. (H tousne la broche.) God-' clam! on vous apporte, un pied de bœuf salé sans pain. C'est admirable! Aimez- vous à boire un coup d'excellent Bourgogne ou dfe clairet ? rien que celui-ci, ( U débouche une bouteille.) God-'clam ! OU vnus sert un pot de bière ^ en bel étain, la mousse aux bords. Quelle satisfaction! Rencontrez -vous une de ces jolies personnes qui vont trottant menu, les yeux baissés, coudes en arrière , et tortillant un peu des hanches ? mettez mignardement tous les doigts unis sur la bouche. Ah! Goddam ! elle vmis sangle un soufflet de croche teur. Preuve qu'elle entend. Les Anglais, à la vérité , ajoutât par-ci, par là , quelques autres mots en conversant ; mais il est bien aisé de voir que God-dam est le fond de la langue; et si monseigneur n'a pas d'autre motif de me laisser en Espagne....

LE COMTE à part.

Il veut venir à Londres; elle n'a pas parlé.

FIGARO à part.

Il croit que je ne sais rien ; travaillons-le un peu dans, son genre.

LE COMTE

Quel motif avait la comtesse pour me jouer un pareil tour?

FIGARO

Ma foi , monseigneur , vous le savez mieux que moi.

LE COMTE

Je la préviens sur tout, et la comble de présens.

FIGARO

Vous lui donnez, mais vous êtes infidèle. Sait-on gré du superflu à qui.noits prive du nécessaire?

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