‹ Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 84 sur 356 · ACTE m^ SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE m^ SCENE V

forces : avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point ; s'enfermer pour tailler des plumes , et paraître profond, quand on n'est, comme on dit, que vide et creux : jouer bien ou mal un personnage ; ré-» pandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets; intercepter des lettrés ; et tacher d'ennoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets. Yoilà toute la politiqiâs, ou je meure!

LE COMTÉ

Eh ! c'est l'intrigue que tu définis !

FIGARO

La politique, l'intrigue y volontiers; mais, comme je les crois un peu germaines , en fasse qui voudra, faime mieux ma mie au gué y CDtnmé dit la chanson du bon roi.

LE COMTE à part.

Il veut rester. J'entends.... Susanne m'a trahi.

FIGARO à part.

Je l'enfile et le paie en sa monnaie.

LE COMTE

Ainsi tu espères gagner ton procès contre Marceline ?

FIGARO

Me feriez-vous un crime de refuser uïie vieille fille, quand votre excellence se permet de nous souiller toutes les jeunes ?

LE COMTE raillant.

Au tribunal , le magistrat s'oublie , et ne voit plus que l'ordonnance.

FIGARO

Indulgente aux grands, dure aux petits....

j4a LE MARIAGE DE FIGARO.

LE ÇOMTB.

Crois-tu donc que je plaisante ?

fïCABO.

Eh ! qui le sait, noonseignear ? Tempo è galant ^uomOy dit l'Italien ; il dit toujours la v^ritë : c'est hii qui m'apprendra qui me veut du mal ou du bien.

Lfi COMTE »p«t.

Je vois qu'on lui ar tout dit ; if époffsqra la duègrïe.

FIGARO à part.

Il a joué au fin avec moi, qu'a-t-il a|^ris ?

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