‹ Œuvres complètes de Beaumarchais, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 9 sur 356 · ACTE I, SŒNE L 5i · texte numérisé non relu

ACTE I, SŒNE L 5i

sus ANNE.

De Fintrigue et de l'argent , te voilà dans ta sphère.

FIGARO

Ce n'est pas la honte qui me retient !

SUSANNE

La crainte?

FIGARO

Ce n'est rien d'entreprendre une diose dangereuse, mais d'échapper au péril en la menant à bien : car d'entrer chez quelqu'un la nuit, de lui souffler sa femme, et d'y recevoir cent coups de fouet pour la peine, il n'est rien plus aisé; mille sots coquins l'ont fait. Mais...

(On sonne de i'ialérieur.)

SUSANNE

Voilà madame éveillée ; elle m'a bien recommandé d'être la première à lui parler le matin de mes noces.

FIGARO

Y a-t-il encore quelque chose là-dessous?

SUSANNE

Le berger dit que cela porte bonheur aux épouses dâaissées. Adieu, mon petit fi, fi, Figaro; rêve à notre

affaire.

FIGARO

Pour m'ouvrir l'esprit, donne un petit baiser.

A mon amant aujourd'hui ? je t'en souhaite ! Et qu'en dirait demain mon mari ? (Fifaro rembriise.)

SUSANNE

£h bien ! eh bien !

FIGARO

Cest que tu n'as pas d'idée de mon amour.

5a LE MARIAGE DE FIGARO.

SUSANNE se défripant.

Quand cesserez-vous, importun, de m'en parler du matin au soir?

FIGARO mystérieusement.

Quand je pourrai teleprouver du soir jusqu'au matin.

(On sonne une seconde fois.) SUS ANNE de loin , les doigts unis sur sa bouche.

Voilà voire baiser, monsieur; je n'ai plus rien à vous.

FIGARO court après elle.

Oh! mais ce n'est pas ainsi que vous Favez reçu.

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