LÉGITIMATION DE GIOVANNI, FILS NATUREL DE BENVENUTO
aO novembre 1S61.
Cosmus Medices Dei gratia Florentise et Senarum Dux II, Portas Ferrarii in Ilva insula, Castilionis Piscariee et Igilii insuke Dominas, etc.
Recognoscimus tenore prœsentium et universis et singuh's notum facimus quod Bkwenuti Celliwi, lohannis filii, cifis nostri Florentin! et sculptons celeberrimi, nuper no-
800 MÉMOIBK8 DE BENVKNUTO GELLIVI.
bis exhibitœ preces continebant sese matrimonio solutum , ex Petra mu H ère qaam domi suœ commorantem et contuberaalem alit, matrimonio pariter sol u ta, naturalem filium nomine Iohannem superioribus mensibus suscepisse, ipsum tamen filium ex illegitimo natum concubitu hœreditatum, successionum , honorum, munerum, dignitatum aliorumque legitîmorum actuum penitus esse incapacem, supplexque rogabat prœfatus Benvenutus ut quod prediclo ïohanni eius naturali filio nulla sua culpa obvenit geniturœ maculam Nostra Ducale Benîgnitate abstergeremus, et qui eius natalibus deest legitimum candorem paterna? voluntati annuentes, de speciali gratia adeo suppleremus, ut prœdicti patris sui aliorum agnatorum haereditates successîonesve, honores quoque ac dignitates assequi possit Vos igitur qui huiusmodi egenos et innocentes propensius adiuvamus, pro quibus maxime ge ni tores ipsi preces effundunt, ut suorum natalium restitutionem adepti virtute atque optimis moribus facilius imbuantur, prœdictis aliisque causis moli ex certa scientia, animo délibéra to, et de nostrœ potestatis plenitudine, prœfatum Iohannem predicti Benvenuti filium naturalem seu spurium dispensamus, ipsumque legitimamus prœdictamque ab eo et omnem aliam geniture labem, maculam defectumque omnino amo ventes ad pristinum naturœ statum reducimus , quo omnes hommes legitimi nascebantur, ut période habeatur, efticiatur, et sit ac si de vero et legitimo matrimonio procreatus esset. Volumus namque et expresse decernimus ut familiam Cellînorum, atque agnationem acquirat, illiusque Arma et insignia gerat, haereditates successionesve tam predicti patris sui, quam aliorum agnatorum et cognatorum omnium, et tam ex Testamento et quavis alia ultima voluntate , quam etiam ab intestato capere possit, honorum insuper ac dignitatum, officiorum et quorumcumque legitimorum actuum capax particepsque efficiatur, non secus ac si de Je-
APPENDICE. Ml
gitimo matrimonio esset progenitus : salva tamen et in suo robore rémanente quoad mimera et officia et Magistratus Civitatis Florentiœ dispositione statutorum et legum municipalium Civitatis pradictse, salvis etiara et absque preiudicio reservatis filiis et descendent bus legitimis, et naturalibos prœdicti Benvenuti si quos contigerit in posterum suscipere. Quibus quidem si quando oriantur per banc nostram légitimation is gratiam, nullam prœjudicium in fer ri. volumos, et salvis pramissis hoc ipso m privilegium et le* gitimationis beneficium ab omnibus in Dominiis nostris inviolabiliter observari intendimus atque mandamus. Non obstantibus legibus, statutis, constitutionibus, provision^» bus, decretis, reformationibus , ediclis specialibus vel generalibus , et quibuscumque aliis qus in contrarium quomodolibet facerent. Quibus omnibus et singulis quatenus hoic legitimationi et gratise obstaret, ex certa scientia, motu proprio, et de nostra potestatis plenitudine, specialiter et expresse derogamus et derogatum esse volumus atque mandamus, etiam si talia sint vel forent quod de ipsis specialem mentionem et ad verbum Geri oporteret. Nulli igitur hominum liceat hanc nostrœ habilita tionis, dispensationis et légitimation is paginam infringere, aut huic gratise quovi modo ausu temerario adversari, aut contra ipsam gratiam et indultum aliquid attentare, sub nostrœ indignationis pâma, aliisque mulctis et preiudiciis arbitrio Nostro Nostrorumve Successorum quandocumque declarandis. In quorum omnium robur ac testimonium prœsens diploma, nostro plumbeo sigillo communitum , manu nostra firmavimus. Datum in arce nostra Liburni die xx novembris, anno Dominicœ Incarnationis MDLX1, Ducatus nostri Florentini xxiv, Senensis vero v.
(Arckhio délie Ri/ormagionl)
90» MÉMOIRES DE BENVKKUTO CKLLIMI.
1« décembre 1S61 (C-4-d. 16*2).
Je note qu'aujourd'hui, jour susdit, messer France»» Vinta m'a remis l'acte de la légitimation de mon fils Giovanni, lequel acte a été expédié le 20 novembre & Livoorne, par notre seigneur duc Cosme, dans toutes les régla. M est écrit en lettres d'or sur parchemin et revêtu du sceau en plomb de San -Giovanni et des armes de Son Excellence illustrissime, qui Fa signé de sa propre main, h reconnais le susdit enfant comme étant de mon vrai sang. C'est mon véritable héritier, quoique je veuille beaucoop de bien h mon fils adoptif (1) , auquel j'ai donné le nom de Benvenuto. Ce dernier recevra une portion suffisante pour pouvoir vivre et acquérir des talents, comme on le verra plus clairement dans mon testament que je referai. S'il plaît à Dieu que je vive, je les élèverai et les instruirai, avec la grâce et l'aide du Seigneur immortel
(Bibliotcca Riccardiana.)
Jeudi a9 octobre Xf «t.
Je note que le susdit jour, à trois heures trois quarts de la nuit, la Piera, fille de Salvadore de' Parigi, laquelle demeure avec moi, m'a donné une fille, que le samedi suivant nous avons fait baptiser, et que j'ai nommée Elisabetta en souvenir de ma mère. Ses parrains furent Bernardino, fi»
(I) Tonino SpaUaenni.
de Giovanni Vecchietti, Zanobi, fils de Francesco Buonagrazia, et Luca, fils de Girolamo Mini (1).
(Biblioteca Riccardiana.)
Magnifique et très-honoré messer Benedetto ,
Il faut que vous sachiez que je viens de perdre mon fils unique ; il était presque formé. Jamais, je crois, je n'avais aimé rien autant que lui. La mort me Ta enlevé en quatre jours. Ma douleur a été si affreuse, que j'ai pensé que je le suivrais , car je ne puis plus évidemment espérer de posséder un pareil trésor. Pour soulager mon cruel chagrin, j'ai résolu de consacrer un monument à la mémoire de ce cher enfant. Les moines de la Nunziata m'ont accordé la faveur de lui construire un petit tombeau où il reposera en attendant qu'il plaise à Dieu que j'aille dormir à côté de lui dans la modeste sépulture que ma pauvreté me permettra d'élever. Je veux cependant y faire peindre deux petits anges tenant des torches , et entre lesquels je placerai une épitaphe dont je vais, dans mon style rude et grossier, vous indiquer le sens, que, grâce & votre admirable talent, vous traduirez en termes bien meilleurs que les miens. Faites cette épitaphe en latin ou en toscan, comme bon vous semblera, je m'en remets à votre infaillible jugement Si je vous importune , pardonnez-moi cette fois et disposez de moi , car je suis toujours prêt à vous servir.
De Florence, le vingt-deuxième jour de mai 1563.
(1) Elieebetta mourut probablement avant le 28 avril 1667, car elle n'eat pat mentionnée du» le testament de Cellini , qui porte cette date.
*04 MÉMOIRES DE 1IKNVKNUTO CKLL1NI.
Voici la pensée que je désire que vous exprimiez :
Gk>?aa Cettioi , a Benveaato mIo Figlio , qoi ieee. Morte al moado il tolee Teaero d'aani , oui le Parcfce ecieJee Tel »peae In 61 dell' aao ell' altro peJe,
Le dévoué serviteur de votre seigneurie ,
BKNVKyrro Celllm.
(Codice Strozziano, seg. N. cxxviu.)
lO juillet 1*6*.
Je note qu'aujourd'hui, 20 juillet 1563, j'ai été inscrit pour un traitement de deux cents écus sur le livre des salariés de l'année 1563, marqué P, page 125, tenu parLattanzio Gorinî. Ce traitement a commencé à courir le 1" juin dernier, au compte de l'œuvre de Santa-Maria-def- Piore, pour l'ouvrage dont je suis chargé dans la cathédrale, car le salaire de ce que j'ai fait pour Son Excellence n'a jamais été fixé, comme on peut le voir par les suppliques signées par Son Excellence.
(Biblioteca Riccardktna.)
AFPKNDICK. *Mt
16 meu* 116* «b Incarnation» (c.-a-d. 1664).
Le 16 mars on choisit, pour présider aux obsèques de Michel-Ange Buonarroti, quatre députés, dont voici les noms :
AGNOLO, fils de Cosimo, dit le Bronzino, Messer Giorgio VASARI, Bartolommko AMMANNATI, Messer Bknvkmjto CELLINI (I).
(Biblioteca Riccardiana.)
lOjnln 1S6S.
Reçu des nobles marchands espagnols quarante-quatre écus, une livre et six sous pour prix d'un petit dessin de boussole.
{Biblioteca Riccardiana.)
17 térrl; 196S (c.-à-d. 1668).
Je note que le jour susdit la société formée entre messer Benvenuto et Fiorino le brocanteur a été dissoute. Acte en a été dressé par ser Giov. Maria Cecchi, notaire public à la Mercatanzia, en vertu d'un ordre délivré par le magni-
(1) On lit dan» Vasari , t. V, p. 229 , Vie de Ukhel-Angt : — • L'on des députe» , Benvenato Cnllinl , l'étant trouvé malade , ne pat se joindre à an trois collègues. -> II. I»
20fl HÉMOIRES DE BKNVEVUTO CELL1NI.
fique messer Alamanno dei Pazzi que nous avions choisi pour arbitre, comme l'exprime récrit qui sera copié cidessous et qui reste entre les mains dudit ser Giov. Maria, ainsi que le susdit contrat qu'il a dressé.
(Biblioteca RiccardianaJ)
J'ai eu une attaque de goutte le 10 mars 1565 (c'est-àdire 1560), en revenant de Vicchio, où j'étais allé pour reprendre possession de mon domaine délia Fonte, dont le bail était fini. Il y avait six ans que je n'en avais été tourmenté, mais elle m'a fait en une fois autant de mal qu'en six. Heureusement l'accès n'a pas duré longtemps. (Biblioteca RUcardiana.)
Je note qu'aujourd'hui, 3 septembre 1566, à onze heures trois quarts, m'est née une fille que j'ai nommée Maddalena et que j'ai fait baptiser le même jour. Le parrain fut le signor Baldassare, fils de Pietro Soares, Espagnol, et la marraine , madonna Margherita, fille d'Antonio Grocini.
(Biblioteca Riccardiana.)
8 mari 1S6* (c.-i-d. 1667).
Aujourd'hui, 8 mars, j'ai reçu de l'illustrissime et excellentissime duc de Florence et de Sienne, par les mains de
mêtser Agnolo Biffbli, deux cents écus, une livre, douze sous et six deniers, pour solde du Persée, et j'en ai donné reçu de ma propre main , en ce jour, a Florence.
{Archivio délie Régie RendUe.)
t« avril 1S67, * midi •• demi.
Je note que le jour susdit, moi Ben venu lo, ai fait dans la sacristie de l'église de Santo-ïacopo-tra'-Fossi , par la main de ser Giovanni , fils de ser Matteo de Falgano, un nouveau testament qui annule et détruit en tout et pour tout tous les autres testaments que j'ai faits jusqu'alors. Je veux que celui-là seul soit bon et valable, jusqu'à cequ'il me plaise d'en faire un autre, chose qui sera toujours en mon pouvoir tant que Dieu daignera me permettre de vivre. Le susdit testament a été fait avec toutes les solennités d'usage pour l'honneur, la gloire et le profit de mon âme et pour le salut de mes deux petites filles Liperata et Maddalena (1). Plaise à Dieu qu'il me les conserve !
(Biblioteca Rkcardiana.)
11 février 1868 (c.-è-d. 1609), * Tl«renco.
Je note que le jour susdit, moi Benvenuto, je suis allé en personne chez Domenico Sputasenni, actuellement caissier aux portes de Florence. Là j'ai appris que Fra Laltanzk), fils légitime dudit Domenico, est venu diner
(1) Poor Maddalena , vorei le docnment XXV. Quant i Liperata , elle oaqait probablement au raeb de Janvier 1663 , comme l'indique le document XXX.
*0 IIK1I0IHES DE BKMVKNUTO CR1.L1K!.
chez son père. Je tiens cela de la Caterina, sœur de Domenico, père dudit Fra Lattanrio, lequel, en prenant F habit religieux, a changé contre ce dernier nom celui d'Antonio qu'il avait reçu au baptême. Pendant douze ans environ, j'ai gardé cet enfant et je l'ai aimé comme s'il eût été mon propre fils. J'ai eu pour lui un précepteur que j'ai nourri, logé , chaussé et vêtu pendant six ans environ. Bien des jeunes gens ont acquis du talent près de moi , mais ledit Fra Lattanzio est parvenu à grand' peine , durant ce long espace de temps, à apprendre l'A, B, G. L'extrême dureté de son esprit ne m'a point empêché cependant de l'aimer, et même, pour suivre les premières et bonnes intentions que j'avais eues à son égard, j'ai cherché à lui être utile par tous les moyens possibles, quelque coûteux qu'ils me fussent. Ainsi j'imaginai de le mettre avec les jeunes novices de la Nunziata, espérant qu'il se dégourdirait un peu dans la compagnie d'enfants de son âge. Cette mesure réussit à le réveiller un peu. Ce ne fut pas sans peine que j'arrivai à subvenir à cette dépense; car à cette époque d'exécrables envieux m'avaient fait perdre mespensions, et j'avais éprouvé en France et ailleurs des malheurs bien plus grands encore, qui exciteraient une vive compassion si je les racontais, mais il vaut mieux les passer sous silence.
Revenons au jeune novice. Pour le mettre au couvent et lui donner tout ce dont il avait besoin, il m'en coûta plus de cinquante écus d'or. Je ne fis rien sans en instruire préalablement son père et sa mère, Domenico et Dorotea, qui étaient alors employés aux portes de Pise. Je leur écrivis tout ce que je viens de relater, et de plus qu'il avait été convenu entre les religieux et moi que , lorsque l'enfant aurait atteint un âge plus raisonnable, je serais libre de le reprendre, avec leur consentement, s'il refusait de se faire moine, ou si bon me semblait lie général de
APPENDICE. *0i>
Tordre, qui à cette époque se trouvait à Florence, m* avait dit que, quand je voudrais retirer l'enfant du couvent, il faudrait que je laissasse à la communauté tout ce qu'il avait apporté; cela m' ayant paru juste, j'y avais adhéré de grand cœur.
Sur ces entrefaites , Domenico et Dorotea arrivèrent & Florence. Ils vinrent chez moi , et dirent à ma famille et à moi-même, avec force injures, qu'ils ne m'avaient jamais donné leur fils pour en faire un moine. Bien que ces propos fussent intolérables, je m'armai de patience : j'exposai scrupuleusement à ces gens tous les motifs qui m'avaient déterminé à agir ainsi et les conventions que j'avais faites avec les religieux. La douceur de mes paroles ne porta aucun fruit. Le père et la mère persistèrent à dire qu'ils voulaient leur fils, et tant qu'ils restèrent à Florence ils revinrent, d'un commun accord, incessamment à la charge. Quant à moi, je songeai & l'innocence du pauvre enfant, et je ne me laissai décourager ni par leur infâme conduite ni par les vilenies qu'ils me débitèrent. Loin de penser à m'en venger, je redoublai de caresses avec leur fils, car, après l'avoir traité pendant nombre d'années comme mon propre enfant, j'avais & cœur de ne rien négliger pour vaincre sa mauvaise fortune. Je n'hésitai même pas à me livrer à de nouvelles dépenses trèsprofitables pour lui, mais très-onéreuses pour moi. Ainsi, j'avais offert un écu par mois à Fra Maurizio, l'organiste du couvent, pour qu'il lui enseignât k toucher de l'orgue. J'avais parlé à quelques religieux de cette affaire, qui, j'en suis sûr, aurait réussi.
Sur ces entrefaites, les employés changèrent de poste. Ceux qui étaient de service aux portes de Pise furent obliges de se rendre à Florence. Domenico et Dorotea revinrent donc dans cette ville. Ces misérables fous allaient chaque jour trouver leur fils, et lui corner sans cesse
is.
qu'ils ne voulaient pas qu'il fût moine. Cela m'a été répété par plusieurs de ces bons religieux. De nouveau je me cuirassai d'une patience extrême, et je dis au jeune novice : — a Bien que je t'aie gardé près de moi pendant tant d'années, Domenico est ton véritable père, de même que Dorotea est ta mère. Mais ils sont pauvres et mendiants , et de plus , ils sont fous et cherchent ta ruine. Je pourvois à grands frais, et néanmoins avec beaucoup de plaisir, à tout ce dont tu as besoin. Tu trouves chez moi tout ce qui t'est nécessaire. On t'y blanchit, on t'y raccommode tes vêtements, on t'y donne à boire et à manger, on y reçoit les amis qu'il te plaît d'amener, toutes choses que tu n'obtiendrais pas chez ton père, car il est chargé d'enfants , et sa place de caissier ne lui produit pas assez pour qu'il puisse t' entretenir, de sorte que, pour gagner ta vie, tu serais forcé de te mettre une hotte sur les épaules, s'il t'amenait à jeter le froc. Ainsi donc, gardetoi bien de lui obéir en ceci; mais, d'un autre côté, comme tu as affaire à ton père et à ta mère , aie soin , quand ils iront te voir au monastère, de leur témoigner tout le respect et tout l'amour imaginables. Va jusqu'à baiser la trace de leurs pas; fais même davantage encore, si tu le peux et si tu le veux : seulement, tâche de ne pas oublier ce que je vais te dire. Au nom des soins si coûteux que je t'ai prodigués pendant tant d'années, et dont je ne cesse point de t' entourer, je te commande expressément de ne jamais mettre les pieds dans la maison de ton père, parce que là, tu aurais pour spectacle une abominable misère et la conduite dissolue de ta tante Tina. J'exige que tu m' obéisses. Tu sais que, si bon te semble, tu viens chez moi presque chaque jour, et que tu y trouves tout ce qu'il te faut, voire même de l'argent pour les plaisirs. Eh bien! si jamais j'apprends que, malgré mes ordres, tu sois alléchez ton père, je le chasserai pour toujours de ma maison, et
APPENDICE. ill
de ma vie je ne consentirai à te revoir sous aucun prétexte, ni à t' aider en rien. Et même autant je t'ai voulu de bien, autant je te voudrai de mal. » — Chaque fois que je le voyais , je lui répétais les mêmes choses en présence des jeunes novices qu'il amenait avec lui. J'insistai surtout dans les derniers temps, parce que Ton m'avait assuré que souvent il était allé chei son père. Lorsque je sus qu'il se moquait de moi, je fus vivement irrité. Néanmoins, comme dans toutes les circonstances de ma vie je songeai à Dieu, je me contentai d'admonester cet ingrat, bien que je fusse certain qu'il m'avait désobéi. Enfin, le jeudi gras, que nous appelons Bcrlingancio , je lui dis en dînant qu'il eût à revenir chez moi tous les autres jours du carnaval et à bien se garder d'aller ailleurs.
Le dernier jour du carnaval j'envoyai trois fois mon domestique le chercher au couvent. Le maître des novices lui répondit qu'il était sorti. Alors, aussitôt après mon dîner, quoique je fusse malade et boiteux, je me rendis à l'église del Carminé, au coin del Lione : c'est ainsi que se nomme l'endroit ou se trouve la maison de son père. Là, je m'assurai de la vérité, et je reconnus que je donnais mon pain à un ennemi. Le Dieu vivant et immortel, qui sait toutes choses , m'excusera donc si je chasse Fra Lattanzio qui, au baptême, prit le nom d'Antonio, et chez moi, celui de Benvenuto. Il n'aura rien de ce que je lui avais promis. Je brise tous les liens qui nous rapprochaient, comme si je ne l'eusse jamais ni vu ni connu ; et je veux qu'il ne puisse, par aucun moyen, posséder ni réclamer rien de ce qui m'appartient au monde. — ■ Ce sou** venir a été écrit de ma propre main le jour susdit.
Benvenuto, fils de maestro Giovanni Cellini, sculpteur à Florence.
*l« MÉMOIIKS DE BBNVBMUTO CEI.LISI.
I* t* mars, * trois* h*nr«i, ▼•UU d* U ttt* d* Motr*-D«n«, qui poor août ••! 1« premier J*w de Vmn 1969.
Je note que, le susdit jour et à la susdite heure, il m'est né par la grâce de Dieu un enfant mâle d'une grande beauté. H a été baptisé le soir même de sa naissance, et je l'ai appelé Andréa Simone, noms que j'ai tirés des Évangiles. Je pris ce livre, et après avoir fait le signe de la Croix et récité l'Oraison Dominicale, je l'ouvris en fermant les yeux, et j'y trouvai ces noms qui me furent très-agréables pour divers motifs, d'abord, parce qu'ils viennent de Dieu; ensuite, parce que mon aïeul, homme bon et vertueux, qui vécut près de cent ans, se nommait Andréa.
La Liperata , la Maddalena et cet Andréa Simone sont tous nés du légitime mariage que j'ai contracté pour vivre dans la grâce de Dieu et pour observer les saints décrets de l'Eglise romaine. Leur mère était pure et sans tache, aussi en ai-je eu soin en homme tel que je suis.
(Bïblioteca Riccardiana.)
Aujourd'hui, 15 janvier 1569 selon l'ère de Florence, et 1570 selon l'ère de l'Église, commence a courir, pour maestro Alamanno Aiolie, organiste, le traitement d'un demi-écu par mois , dont il recevra le premier payement le 15 février. Ledit Aiolie s'engage à venir chei moi au moins une fois chaque jour pour donner leçon de clavecin & ma fille Liperata, qui est exactement âgée de six ans.
(Biblioteca Riccardiana.)
SÉRKNISSIME GRAXD-DCC,
Au nom des immeuses bienfaits dont le Dieu immortel a comblé Votre Altesse , je la supplie a genoux et en ver sant des torrents de larmes, de daigner m1 accueillir avec sa bonté et sa justice accoutumées, car, depuis soixante dix ans que j'existe, jamais je ne me suis trouvé dans une plus cruelle position, et mon imprudence seule est cause de tous mes tourments.
Votre Altesse se souvient très-bien, je crois, qu'il y a une douzaine d'années, elle m'a permis d'adopter un enfant âgé de trois ans environ, lequel était fils d'un tisseur d'étoffes nommé Domenico et d'une jeune femme appelée Dorotea, qui pendant près de quatre ans m'avait servi de modèle pour la Méduse et diverses petites ûgures. Cette Dorotea obtint de moi, à titre d'aumône, une dot de cent écus, puis elle s'en alla avec son mari, qui abandonna un excellent métier pour se faire gabeleur des portes de la ville de Votre Altesse. Domenico, ayant eu un procès et n'ayant pu payer la condamnation , fut envoyé aux prisons des Stinche. Alors sa pauvre femme, sans asile, vint cbez moi avec deux petits enfants, un garçon et une fille, et elle me supplia en pleurant d'avoir pitié d'elle. Je lui dis que je l'assisterais, mais qu'il fallait qu'elle mit ses enfants à l'hôpital. Lorsque je voulus les y mener, je vis ces pauvres petits innocents verser une telle abondance de larmes que, malgré la gêne extrême que cela devait m' occasionner, je consentis à les recueillir dans ma maison avec leur mère infortunée. De plus, j'envoyai des vivres matin et soir à leur père, dans la prison des Stinche. Je me promettais que, si je me trouvais dans
F affliction , notre divin Rédempteur viendrait de même à mon secours, comme j'espère que, dans cette occasion, les mains de Votre Altesse me prêteront aide et protection. — Ainsi donc, pendant près de dix-huit mois, je nourris tous ces gens-là, père, mère et enfants.
Domenico ayant été, par hasard, appelé à Pise en qualité de gabeleur, je le déterminai à me laisser son fils. Comme je n'avais point d'enfants, je voulus F adopter, pensant que je pourrais lui enseigner mon art et le mettre à même de servir Votre Altesse. Malheureusement, il avait l'esprit si épais , qu'en huit années il était incapable de lire un mot. En désespoir de cause, je le fis entrer, avec son consentement, à la Nunziata, où il apprenait quelque chose avec les autres petits novices, lorsque, sur ces entrefaites, les gabeleurs de Pise ayant été envoyés à Florence, son père arriva, le défroqua sans ma permission, et le prit chez lui. J'étais donc foudé à croire que sa désobéissance me déchargeait de toute espèce d'obligation & son égard; et, comme j'ai trois pauvres petits enfants légitimes, fruit d'une sainte union, je pensais que je ne devais plus rien à celui que j'avais adopté.
Votre Altesse saura que, lorsque je fus empoisonné par un homme qui m'avait vendu l'usufruit d'un domaine, je promis à Dieu, Notre Seigneur, si j'échappais à ce grand danger, d'épouser une mienne servante, qui me soignait avec un rare dévouement. Pour me maintenir dans la trèssainte grâce de Dieu, j'accomplis mon vœu, et je donnai trois cents écus de dot à ma servante. De ce mariage naquirent cinq enfants, dont trois sont vivants, c'est-à-dire deux filles et un garçon âgé de quatorze mois.
Alors Domenico m'a intenté un procès devant les magnifiques seigneurs conseillers , qui ont voulu avoir l'avis du tribunal des consuls. Moi, qui étais loin de me douter de ce qui allait m' arriver, je dédaignai de me défendre,
APPKNDICE. • 215
et je fus condamné à payer, pendant deux ans, une pension alimentaire que les magnifiques seigneurs conseillers ont fixée à vingt-cinq écus par année. Il m'est très-diflicile (f obéir à cette décision, car, pour ce faire, il faut que je rogne le pain de mes pauvres petits enfants légitimes.
Cher et saint seigneur, songez-y, j'ai servi Votre Altesse pendant vingt-six ans, et maintenant que je suis vieux et pauvre , je serais forcé de voir mes chers petits enfants manquer de pain ! Oh ! quelles larmes amères ! Quand je pense à cela, il me semble que je vais tomber mort sur le coup. Et, après les deux années de pension alimentaire, je suis menacé de pis encore! Je supplie donc le Dieu immortel, notre véritable Seigneur, d'inspirer à Votre Altesse la volonté, qu'à l'expiration des deux années susdites, je ne sois plus tenu à autre chose, et que je sois libéré en tout et pour toujours envers mon adversaire. Que Votre Altesse se souvienne que déjà elle m'a tiré des mains rapaces de Fiorino le brocanteur (1). Le père et la mère de l'enfant que j'avais adopté sont jeunes, bien portants et gagnent beaucoup, tandis que moi, je suis vieux et pauvre, et je ne gagne rien.
Je prie donc Votre Altesse de m' accorder cette juste faveur, et je supplie Dieu de continuer à verser sur elle ses saintes et glorieuses grâces.
Ao bu de cette pétition m troure la réponse , qui est lis»! cooçve :
Que les magnifiques lieutenant et conseillers prennent ces choses en considération , et pourvoient à ce que les héritiers de Benvenuto niaient rien à souffrir de cela.
27 juin 1570.
Signé : Lelio Torelli ; Jacopo Dam
(I) Voyei le document XXIII.
216 MÉMOlkES DE BENVENUTO CELLIM.
Au*dej*ou« de ce reteril, Benvenuto a «jouté :
Cette pièce a été présentée aux magnifiques seigneurs lieutenant et conseillers le 28 juin 1570.
L'adversaire de moi Benvenuto demanda aux seigneurs conseillers la faveur d'adresser une supplique è Leurs Altesses. Contre tout droit, cette grâce lui fut accordée, parce qu'il était protégé par Jacopo Pitti, alors, lieutenant Mais il n'obtint que le rescrit suivant :
a Son Altesse entend que les biens de Benvenuto pas* sent à ses enfants légitimes, et non à celui qu'il a adopté, parce que Benvenuto ne l'aurait point adopté s'il eût pensé qu'il aurait d'autres enfants, ou que celui-là devait si mal tourner, »
Signé, Lelio Torklli.
(Biblioteca Riccardiana.)
11 Julltat 1970.
Je note que le jour susdit, 11 juillet 1570, les magnifiques seigneurs lieutenant et conseillers décidèrent à l'unanimité que mes héritiers, c'est-à-dire mes enfants légitimes, ou autres personnes à qui je jugerai à propos de donner mon bien, ne seraient point tenus à payer la moindre chose au fils de Domenico Sputasenni, baptisé sous le nom d'Antonio, puis surnommé Nutino (1), et enfin appelé Fra-Laltanzio lorsqu'il entra au couvent de la Xunziala, d'où sa méchanceté le poussa h sortir pour se défroquer et s'enfuir chez Domenico Sputaseuni, son coquin de père. Cette conduite et ses vices ont été cause que
(1) Diminutif de Benvenuto.
APPENDICE. tn
la justice a arrêté que moi, Benvenuto, je ne serais tenu qu'à lui donner une faible pension alimentaire pendant quelque peu de temps.
(Bïblioteca Riccardiana.)
18 décembre 1S7C
Le 18 décembre, Benvenuto, fils de maestro Giovanni Cellini , sculpteur et citoyen florentin , fait son testament par lequel il ordonne qu'on F ensevelisse à la Nunziata , dans le tombeau qu'il a l'intention de se faire. S'il vient & mourir avant que ce tombeau soit achevé, il veut être enterré dans la sépulture consacrée à la compagnie des peintres, dans les cloîtres de la même église. Il constitue une dot à madonna Piera, sa femme légitime, et à ses filles Liperata et Maddalena. Il institue son fils légataire universel, et, à défaut de celui-ci, messer Librodoro, fils d'Annibal de' Librodori, doctcur-ès-Iois et avocat, son cousin , domicilié à Rome. Il confie la tutelle de ses enfants au tribunal des Pupilles, en le priant de nommer administrateurs de sa succession messer Piero délia Slufa, chanoine florentin , le susdit messer Librodoro et Andréa, (ils de Lorenzo Benivieni.
(Arckivio dei Buonomini di San Martino.)
TESTAMENTUM BENVENUTl DE CELLINIS.
In Dei nomine. Amen. Anno ab incarnatione Domini \ os tri Iesu Christi MDLXX , lndictione xiiij, die vero deii. i»
tlt MÉMOIRES DE BENVEWUTO CKLLINL
oiaia octava mensis decembris, Pio Quinto summo poon* fice et serenissimo Coamo Medici Etrorise Ifagno duce Dominante.
Actam Florentin in populo S. Michaelis Vice Dominorum civitatis prœdictœ, et in domo infrascripti Testatoris, sita in dicto populo, prœsentibus testibus infrascripti* ad infrascripta omnia et singula ore proprio infrascripti Testatoris vocatis, habitis et rogatis, quorum nomina sont ista, videlicet :
Magistro Antonio q. Romuli Antonii de Crotinis, Fabro lignario; Vincentîo q. Raphaelis Francisci de Bracdnis, Cive Florentino; Dominico q. Nicolai Christophori àt Mannoaiis, Cive Florentino ; Stoldo q. lohannis seu Giui Antonii de Laurentiis, Statuario Florentino; Sébastian© a, Nicolai lohannis de Montigianis, Tabellario Florentino; Thommasio Dominici Pistori, Manovali, populi S. Qoirici a Lignaria; et Laurentio Clementis lohannis de Ponte Sévis, Fabro lignario, Florentiœ commorante,
Cum nihil in bac vita prosenti ait morte certius, et bon mortis nihil incertius, sapientisque sit assidue mortis tempus scrutari, bine est quod constitutus in presentia m«i Notarii infrascripti et Testium suprascriptorum magnifiées vir Benvenutus olim magistri lohannis Andrcse de CeUinii, Statuarius et Civis Florentinus, sanus mente, intellectuel visu, licet corporc aliquantulum infirmus, sciens se moi* talitati obnoxium, et volens dum mens est intégra de rébus suis disponere per hoc prœsens suum nuncupativum Testamentum, quod dicitur sine scriptis, in hune quisequitur modum disposuit et fecit ut infra, videlicet :
In primis quidem cum anima nobilior corpore reperiatur et sit, illam nunc et cum ex hoc corpore migrare contigerit commendavit D. 0. M. et lesu Christo Redemptori, Mariœque Vtrgini Reginae : corporis vero sui sepulturam elegitinEcclesia Divae Annuntiatœ Servorum de Florentia,
APPBNDICI. SIS
et in sepulchro qood forsan ipse Testator ejus viU durante •dificandum curabit ; sin aulem constructum minime Aient, elegit et voluit sepeliri in sepulchro Societatis Aoade* mi® Statuariorum, Pictorum et Architeetorum , sita in Capitale» dictée Ecclesi* Annunliat», corn illa impensa funeris quee videbitur infrascriptis ejus Esecutoribus.
Item jure legati reliquit et legavit Operœ S. Mari» Fions civilatis Florentiœ, et sacrario et novae constructioni muroram dictas Ecclesie oivitatis prcedicUe , et omnibus dictis loti* in totum libres très piceioli , prout est consnetum.
Item volait et disposoit quod Domina Petra ejus legiti-* ma nxor poet ejus mortem habeat et consequatur suam Dotem in snmmam florenorum 800 auri monetee, de libris septem pro floreno , quam summam confessas est fuisse Dotem pnedictam, et solutam esse gabellam.
Item jure legati et omni meliori modo reliquit et legavit tuprascriptae Domina) Petra, su» uxori légitimée, omnes psnnos laneos et lineos et cujuscumqne alterius generis, et omnia alia mobilia ad usum dicta) D. Petra? paratos et destinatos. Item volait et disposuit et ordinavit dietus Testater quod dicta D. Petra ejus uxor habeat et consequatur pott ejus mortem, si et casu quo vidua steterit, et vitam vidoalem et honestam servaverit , et cum infraseriptis filiie mis et dicti Testatoris permanserit, ultra supradictum le gatum, in domo dicti Testatoris, vestitum et alimenta condecentia, et quod bene tractetur; quee alimenta in casibus predktis legavit, et hoc casu quo vidua steterit ut supra, et outrîat et gubernet Andream Simonem filium suum mas* culum, et infrascriptas ejus filias fœminas, et non aliter, nec alio modo, alias privavit eam prosenti legato.
Item jure legati, amore Dei, et intuitu pietatis et omni meliori modo reliquit et legavit Lucie fiu'œ q. Bernardi de Civnella , et D. Catherin» uxoris dicti Bernardi libres cenhun viginti , videlicet lib. 120 piceioli , et hoc si et casu quo
910 MÉMOIRES DE BENVENUTO CELLIXl.
perseveraverit permanere in servitio famulatus, pront de prsesenti facit, filiorum dicti Testatoris usque ad tttatem vm annorum dîctœ Luciœ , quo tempore summam predictam solvi voluil futuro viro dicta? Luciœ et etiam usque ad dictant setatem voluit ali et nutriri, prout est consuetum simites famulas ; et casu quo non perseveraverit in servitio dictorum filiorum suorum usque ad setatem suprascriptam privavit eam prœsenti legato.
Item jure legati, amore Dei, et intuitu pietatis, et ornai meliori modo reliquil et legavit Franciscœ, vocal» Cecchinse, filiœ Iuliani de Bardellis, hodie laboratoris dicti Testatoris a Trespiano, libras centum piccioli pro nobendo dictam Franciscain, persolvandas futuro viro dicta? Franciscœ pro parte Dotis, et per eam per instrumentum publicum confitendas , et non aliter, nec aiio modo.
Item volait, disposuit et ordinavit dictus Testator, quod casu quo tempore matrimonii ReparatœetMagdalenssoarum filiarum legitimarum et naturalium , natarum ex eo et ex dicta D. Petra ejus uxore , ipse Testator non vivent, matrimonio collocentur per infrascriptos earum Tutores, et cuilibet ipsarum et cajuslibet earum respective viro pro Dote cujusllbet earum dentur floreni mille auri monet*, de libris septem pro floreno ; et sic ambabus earum vins florenos 2000 similes, partim in pecunia numerata et or* namentis, et partim ex retractu et pretio du ara m domuum dicti Testatoris, uni us emptœ et acquisitœ a Floreno Rigs*terio, sitœ in via Benedicta, et aliœ site super plates S. Maris Novellœ civitatis Florentiœ, et partim in via dé Sole, emptss a Ioanne de Garnesecchis , in quo casa jasait domus prœdictas per dictos Tutores vendendas esse, dummodo viri respective ipsarum et quilibet eornm confifiteatur Dotem pnedictam in dicta summa florenorom 1000 auri monetœ manu publici Notarii in forma amplissima. Et sic jure legavit cuilibet ipsarum florenos 1000 pro
APPENDICE. Ml
Dote, persolvendos ut snpra, et tassavit Dotem cujuslibet earum esse debere in summa dictorum florenorum 1000 , si et casa quo tempore nuptus earum Andréas Simon earum frater et hœres infrascriptus ab aliquo affine non conseqoatur et consecntus non fuerit, et acquisierit ex quo vis titulo lucrativo ab aliquo affine dicti Testatoris summam ad minas florenorum 3000, auri monetœ. Si autem dictas Andréas Simon dicto tempore acquisivisset ex quovis titulo lecrativo summam prœdictam ab aliquo affine dictorum florenorum 3000 ad minus, tali casu voluit per dictos Tutores dari dictis sais filiabus et earum vins pro Dote floreni 4000, et cuilibet earum, et earum respectivo viro summam florenorum 2000 similes : casu qao sit facta acqoisitio dicto Andréa? Simoni ut supra et non aliter, nec alio modo. Si vero suprascriptœ ejus filiae et aliqua ipsarom monacharetur et monasterium ingrederetur, tali casu voluit, disposuit et legavit monasterio, in quo aliqua ipsamm ingredi et monachari contigerit eleemosynam solitam recipi per dictum monasterium ab aliis, et ita jussit et mandavit per dictos Tutores dari et solvi dicto monasterio et monasteriis dictam eleemosynam solitam recipere ab aliis.
Hsredes vero suos uni versa les instituit Andream Simonem suum filium legitimum et naturalem, natum ex eo et ex dicta D. Petra sua uxore légitima , et quoscumque alios filios masculos legitimos et naturales, forsan nasciturosex 60 et ex suprascripta D. Petra ejus uxore légitima et ex qoavis aKa sua uxore légitima œquis portionibus, et eos iovicem substituit vulgaritcr, pupillariter et per fideicommissum : et ultimo dictorum filiorum decedenti sine filiis et descendentibus primo masculis, deinde fœminis legitimis et naturalibus , substituit Reparatam et Magdalenam suprascriptas ejus filias fœminas légitimas et naturales, et a"*8 ejus légitimas filias fœminas forsan nascituras ex eo
fit MÉMOIRES PB BEMVKNUTO CELLINI.
et ex dicta D. Petra sua uxore, sea ex quavis alia Mit uxore légitima ; et prsemortuarum filios vel descendent» legitimos et naturales , primo mares et deinde fœminas in stirpem : et ultimo dictorum suorum ûliorum masculonun ut supra institutorum decedenti sine fiiiis et descendentibus ut supra, et non extantibos suprascriptis fiUabus fceminii et earum descendentibus ut supra; talicasu si tune essetin bumanis, et non aliter, substituit, et hceredem instituu D. Librodorum Annibalis de Librodoris I. U. Doctoran, Roms commorantem, ejus ex fratre patrneli nepotem,et disposait et declaravit dictus Testator, quod casu qoo taprascript» suœ ûli« substitut» devenirent ad suprascripUm substitutionem nullum jus modo aliquo quseratur ?el qiuni possit, ipsarum respectî?e vins super dictam hereditatem, nec in tertia parte vel alia, nec in usufructu qu» modo aliquo de jure vel ex forma statutorum acquirenda eis ?e* lurent.
Tutores vero, ac pro debito tempore Guratores saprtscriptorum Andréa? Simonis, Reparatae et Magdalene filiid filiarum dicti Testatoris, et alioram filiorum et filiaram forsan nascendorum et nascendarum, usquequo pervenerint ad œtatem légitimant , vel qnod in matrimonio collocentar, fecit, constituit et esse voluit spectabiles Dominos Officiai» Pupillorum et Adultorum civitatis Florentiœ, pro tempore in officio existentes. Et disposuit, et ordinavit, jasait et mandavit die lis DD. Officialibus, et eos su mm opère ortWt quod constituant Actores hœreditatis et dictorum suorum filiorum et filiarum Reverendum D. Petrum délia Stu/à, Ganonicum cathedralis Ecclesiœ Florentine, et magnifieum Dominum Librodorum Annibalis de Librodoris, I. U. Doc* torem, modo Roms commorantem, et Andream q. Lao* rentii de Beniveniis, Civem Florentinum, et saltem daos ex eis ; et quia ipse D. Librodorus est Advocaius in civitale Romœ, et forsan recipere nollet onus pnedictum, igitor
APFBNDICB. Ml
disposuit quod dicti DD. Officiâtes constituant Actorem, loco dicti D. Librodori, nominandum et eligendum abeo; de quibus actoribus dixit dictus Testator multum confidere. Et quos etiam D. Petrum, D. Librodorum et Andream dictus Testator prœsentis testament!, et ultiro» voluntatis, executores et commissarios fecit , constituit et ordinavit , et duos ex eis in concordia eu m plena libéra admiuistratione. Et hanc dixit dictus Testator, etc., et si non valet, etc., et si jure codicillorum, etc. Cassans, etc. Irrit&ns, etc. Rogans, etc.
Ego Iohannes q. ser Matthaei , ser lohannis de Falgano Cîris et Notarius publicus Florentinus de suprascripto testamento rogatus fui et in fidem, etc. (1).
( Générale Archivio dei Contratti.)
16 février 1S90 (c.-è-d. 1571).