CHAPITRE VIII. m
partie pratique de Fart en expliquant les procédés des anciens, lels qu'ont pu nous les révéler l'étude et l'examen d'une multitude de leurs monuments qui sont parvenus jusqu'à nous.
Lors donc que les maîtres de l'antiquité voulaient faire la tête et le revers d'une médaille, ils commençaient par les modeler en cire , en leur donnant exactement le relief et le module que la médaille de métal devait avoir.
Mais avant d'aller plus loin, disons comment se prépare cette cire.
On prend deux parties de cire très-blanche et très-pure que l'on mêle avec une partie de blanc de céruse bien broyé, auquel on ajoute un peu de térébenthine très-claire dont on augmente ou diminue la dose suivant la saison dans laquelle on se trouve : en hiver, par exemple, on peut en mettre moitié plus qu'en été. — Telle est la manière de préparer la cire.
Les anciens (et les modernes font de même encore aujourd'hui) modelaient leur cire sur une plaque circulaire en bois, en os ou en verre noir. Lorsqu'ils avaient complètement terminé ce travail, ils le moulaient en plâtre en procédant de la manière que nous avons indiquée pour les sceaux de cardinaux. — Us gravaient ensuite leurs coins : — C'est ainsi que Ton appelle les morceaux d'acier avec lesquels on frappe les médailles, pour les distinguer de ceux des monnaies que l'on nomme pile et trousseau. Ceux-ci ont chacun un nom différent parce qu'ils n'ont point une même forme; — les deux coins d'une médaille ne présentent, au contraire, aucune dissemblance. — l*es coins ne se font point comme la pile et le trousseau, qui se composent de fer et d'acier; — il faut qu'ils soient d'acier pur, de forme carrée et parfaitement égaux. — Lorsqu'on les a adoucis au feu de la même façon que la pile et le
trousseau, on les polit soigneusement avec des pierres tendres. On prend ensuite deux ou trois compas immobiles en fils d'acier, que Ton ouvre suivant le besoin H dont on se sert pour déterminer la place du grènetis et celle des lettres de la légende. — Après cela on commence à attaquer l'acier avec le burin , en reproduisant fidèlement les creux de plâtre que Ton a moulés sur la cire. — 11 faut avoir soin de se servir le moins possible du ciseau, car Temploi de cet outil durcit l'acier à tel point qu'on ne peut ensuite l'entamer avec le burin. C'est pourquoi nous recommandons de travailler les coins avec patience, en observant les procédés que nous venons de décrire, et qui sont ceux dont les anciens se servaient pour faire leurs médailles. — Ils exécutaient également les légendes avec l'échoppe et le burin ; mais qu'il me soit permis de dire, avec tout le respect qui leur est dû, que, bien qu'ils aient été les propres inventeurs de leurs lettres, ils ne les ont jamais gravées comme ils le devaient. — Pour peu que Ton examine celles qui sont sur leurs médailles , on reconnaît de suite qu'elles manquent généralement d'élégance. H est & croire que les anciens les traitaient avec si peu de soin, parce qu'ils ne les considéraient point comme faisant partie de leur art.
Maintenant que nous avons décrit la méthode suivie par les anciens , nous allons parler des procédés employés par les artistes modernes.
Je gravai pour le pape Clément VII deux médailles arec leurs revers. — La première représentait, d'un côté, la tête du pape, et, au revers, Moïse dans le désert, frappant de sa verge le rocher et en faisant jaillir des eaux abondantes pour désaltérer son peuple mourant de soif. J'introduisis dans ce sujet une grande quantité de personnages, de chameaux et de chevaux qui produisaient l'effet le pins