‹ Œuvres complètes de Benvenuto CelliniChapitre 226 sur 285 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Il y a différentes manières de frapper les médailles : mais il yen a une qui nous semble plus particulièrement caractérisée par le mot caniare que Ton applique généralement à toutes les autres. — Bien que Ton ait de nombreux procédés pour frapper, nous nous bornerons, afin d'éviter toutes paroles superflues, à parler de ceux dont nous nous sommes servi dans nos travaux, et dont l'utilité et la bonté nous ont été démontrées par l'expérience.

Commençons par la manière de frapper les médailles a cmio. — 11 faut faire un châssis de fer ayant quatre doigts de largeur, deux doigts d'épaisseur et une demi-brasse de longueur, et présentant un vide intérieur d'une dimension exactement pareille à celle des carrés sur lesquels est gravée la médaille. — Ces carrés, comme nous l'avons dit, doivent iHre quadrangulaires, parfaitement égaux entre eux, et disposés de telle façon qu'ils s'ajustent exactement dans les châssis, afin qu'ils ne puissent se déranger pendant que l'on frappera la médaille, de quelque métal qu'elle soit.

Maintenant il faut noter que pour frapper les médailles

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de cette manière, il est d'abord nécessaire de tirer une épreuve en plomb ayant une épaisseur égale à celle que l'ou veut donner aux pièces d'or ou d'argent On forme ensuite avec cette épreuve un moule dans la terre et les châssis qu'emploient, comme nous l'avons déjà dit, les fabricants d'ornements pour les harnais. Ce moule sert à couler en or, en argent ou en bronze, des médailles que l'on nettoie de leurs bavures avec une lime dont on fait soigneusement disparaître les traces en les grattant. — Lorsque les médailles sont ainsi coulées, elles sont bien plus faciles à frapper, et les carrés entre lesquels on les met en sont bien moins fatigués. On pose ensuite les châssis à terre, et on place les carrés de manière que d'un côté ils touchent le fond du châssis, et que dans la partie supérieure ils laissent un vide large de trois doigts, où l'en puisse introduire deux cales de fer moitié moins grosses d'un bout que de l'autre et longues une fois el demie comme le châssis, plus ou moins, suivant le besoin. — Après cek, lorsque l'on veut frapper la médaille, on dispose sur les carrés les pointes des deux cales de façon que chaque pointe se trouve dans un sens opposé à F autre. — Une fois que Ton a pris ces précautions, dont le but est d'empêcher le dérangement des empreintes et d'aider les carrés et le métal de la médaille à fonctionner, on pose les châssis sur une énorme pierre , puis on frappe sur la tête d'une des cales avec un gros marteau A deux mains que l'on nomme maillet On doit frapper tour à tour deux coups sur chaque cale et répéter cette opération trois ou quatre fois au plus. — Gela fait, on prend la médaille, et, si elle est de bronse, on la recuit et on la refrappe, parce que la dureté du métal ne permet pas de la terminer du premier coup. On recommence ainsi deux ou trois fois, jusqu'à ce que l'on obtienne une empreinte satisfaisante.

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