I. AMI DES CM ANS
pas d'apparence que sou bienfaiteur lui prèiàt ccut nouveaux éens , après l'avoir vu dissiper les premiers dans le désordre.
Bourrelé de bonté et de remords, plus il cherchait à les étouffer dans le vin . plus il avançait l'heure de sa ruine. Enlin . il arriva ce funeste moment, où, dégoûte du travail, en horreur à luimême, la vie lui devint insupportable dans la perspective de l'avenir effrayant qui s'ouvrait devant lui.
Il s'éloigna de sa patrie , poursuivi par les furies du désespoir , et il alla se jeter dans une bande de voleurs, avec lesquels il commit toute sorte de scélératesses. Mais le ciel vengeur ne les laissa pas longtemps impunies, et une mort violente fut le dernier terme de ses jours criminels.
Ob! silo malheureux avait écouté la
première fois les avis de sa raison et les reproches de sa conscience ! tranquille aujourd'hui dans son état, il attendrait au sein de l'aisance et de l'honneur le repos d'une vieillesse fortunée.
Enfans , vous frémissez de sa folie déplorable. Telle est cependant celle de la plupart des hommes dans l'emploi qu'ils font delà vie. Eile leur a été dounée pour la couler heureusement dans les jouissances de la vertu, et ils la prodiguent a toutes les dissipations honteuses du vice. Ils pensent qu'il leur en restera toujours assez pour faire l'usage glorieux assigné par le Créateur. Cependant les jours, les mois, les années s'écoulent, et ils se trouvent emportés par leurs passions au bout de leur carrière , sans l'avoir remplie. Trop heureux encore si leur égarement ne les pousse pas à se plonger dans l'abîme du désespoir.