DOROTHÉE, LE DOMESTIQUE
LE DOMESTIQUE. ÉcOUtCZ, écP'lîeZ ,
roaroselle Dorothée.
ponoTHÉE. — Qu'avez-vous à me dire?
le domestique. — Monsieur votre frère est ici.
dorothée. — Mon frère?
le domestique. — S'il n'est pas encore arrivé, il n'est pas bien loin.
dorothée. — De qui le savez-vous?
le domestique. — Du messager , qui l'a rencontré sur la route. Ah ! mamselle, qu'a donc fait M. Frédéric?
dorothée. — Rien qui soit indigne de lui. Ne l'en croyez pas capable
le domestique. — Oh ! c'est aussi ce que je pensais ! Dieu sait que nous l'aimions tous , et que nous aurions tous donné pour lui jusqu'à notre vie. Il nous récompensait du moindre service que nous pouvions lui rendre. 11 faisait. notre paix avec votre oncle , lorsqu'il était en colère contre nous. Il était le prolecteur de tous les malheureux du village. Comment donc son préfet a-t-il pu se fâcher contre lui? Ah ! je le vois, ou aura voulu le punir pour quelque gentille espièglerie , et lui qui est un brave jeune seigneur , ne se laisse pas traiter cavalièrement.
dorothée. — Où le messager l'a-t-il trouvé ?
le domestique. — Près du second village. 11 dormait entre des saules sur le bord d'un ruisseau.
dorothée. — Mon pauvre frère !
le domestique. — Le messager a attendu qu'il se réveillât. Vous devez penser combien M. Frédéric a été surpris en le voyant. Il s'est imaginé que cet homme avait été mis à ses trousses pour le ramener ; et il lui a dit qu'il se ferait mettre en pièces plutôt que de le suivre.
dorothée. — Je le reconnais bien à ce ton ferme et résolu.
le domestique. — Le messager lui a protesté qu'il avait tant d'amitié pour lui , que. dût-il en recevoir des reproches, dût-il même en perdre son emploi . il ne voudrait pas le chagriner. Il lui a >lii ta
l'ami des enfans.
sujet de sou message , et lui a rapporté les propos qu'on tenait sur son compte.
dorothée. — Et quel parti mon frère a-t-il pris?
le domestique. — Quoiqu'il fût harassé de fatigue , il s'est mis en marche avec le messager , et ils ont fait route ensemble jusqu'à la lisière du bois. M. Frédéric s'y est jeté pour aller se cacher dans l'ermitage : il y attendra le retour du messager, pour savoir comment votre oncle aura pris les choses.
dorothée. — Oh ! si je pouvais lui parler 1
le domestique. — 11 y a apparence qu'il le désire autant que vous.
dorothée. — Mon oncle tourne souvent de ce côté sa promenade. S'il allait le rencontrer dans son premier feu ! 0 mon ami . courez lui dire qu'il aille se tapir dans la grange derrière les bottes de foin. J'irai le trouver aussitôt que mou oncle sera sorti.
le domestique. — Soyez tranquille, mamselle. Je vais l'y conduiremoi-même, et l'aider à se cacher. (// sort.)