‹ Œuvres complètes de Berquin (volume 2)Chapitre 203 sur 264 · CASIMIR, PROSPER, FABIEN, DUMONT · texte numérisé non relu

CASIMIR, PROSPER, FABIEN, DUMONT

casimir, bas, àProsper. — Prosper, quel est cet enfant qui parle avec Duniont? Ah ! si c'était Fabien?

prosper , bas , à Dumonl. — Est-ce lui?

dumont , sèchement. — Oui , messieurs.

casimir. — 0 mon frère, sois le bienvenu ! Nous avons bien désiré ton arrivée. (// court à lui les bras ouverts.)

fabien , en se détournant. — Est-ce que nous nous connaissons depuis si longtemps , pour que vous veniez m'embrasser ?

casimir. — Nous ne nous connaissons pas encore, mais nous sommes frères.

fabien. — Beaux-frères , monsieur , s'il vous plaît.

casimir. — Eh! Fabien, laisse-là ce vilain mot de beaux. Ton papa aime notre maman ; notre maman aime ton papa : est-ce que nous ne nous aimerions pas aussi les uus les autres? Ils sont mari et femme , pourquoi ne serions-nous pas frères ?

fabien. — Si nous sommes frères , avez-vous plus de droit que moi dans ce jardin?

prosper , à part. — Oh ! comme il est querelleur !

Casimir. — Ton papa nous a permis d'y travailler

fabien. — J'y étais avant vous, et certainement vous ne m'en chasserez pas.

prosper. — Allons-nous-en Casimir , qu'il reste là tout seul avec sa mauvaise humeur.

casimir. — Non , Prosper, il ne faut pas le quitter sans être bons amis.

FROsr-ER. — Veux-tu que ce méchant

nous dise encore des choses désagréables?

fabien. — Moi, je serais un méchant, dites- vous ?

prosper. — Oui, vous l'êtes , et nonseulement un méchant, mais un envieux, un jaloux, un....

fabien , s' avançant vers lui. — Vous osez m'iusulter, et dans mou jardin encore ?

prosper. — C'est vous qui avez commencé. Mais je ne vous crains pas , entendez-vous?

casimir, arrêtant Prosper. — Y pensestu , Prosper? Te battre contre ton frère? Viens, viens; n'allons pas causer de chagrin à notre nouveau papa, surtout le jour de l'arrivée de son fils. (Il l'entraîne avec lui.)

prosper. — Eh bien ! je cours le dire à maman.

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