CASIMIR, PROSPER, FABIEN, DUMONT
casimir, bas, àProsper. — Prosper, quel est cet enfant qui parle avec Duniont? Ah ! si c'était Fabien?
prosper , bas , à Dumonl. — Est-ce lui?
dumont , sèchement. — Oui , messieurs.
casimir. — 0 mon frère, sois le bienvenu ! Nous avons bien désiré ton arrivée. (// court à lui les bras ouverts.)
fabien , en se détournant. — Est-ce que nous nous connaissons depuis si longtemps , pour que vous veniez m'embrasser ?
casimir. — Nous ne nous connaissons pas encore, mais nous sommes frères.
fabien. — Beaux-frères , monsieur , s'il vous plaît.
casimir. — Eh! Fabien, laisse-là ce vilain mot de beaux. Ton papa aime notre maman ; notre maman aime ton papa : est-ce que nous ne nous aimerions pas aussi les uus les autres? Ils sont mari et femme , pourquoi ne serions-nous pas frères ?
fabien. — Si nous sommes frères , avez-vous plus de droit que moi dans ce jardin?
prosper , à part. — Oh ! comme il est querelleur !
Casimir. — Ton papa nous a permis d'y travailler
fabien. — J'y étais avant vous, et certainement vous ne m'en chasserez pas.
prosper. — Allons-nous-en Casimir , qu'il reste là tout seul avec sa mauvaise humeur.
casimir. — Non , Prosper, il ne faut pas le quitter sans être bons amis.
FROsr-ER. — Veux-tu que ce méchant
nous dise encore des choses désagréables?
fabien. — Moi, je serais un méchant, dites- vous ?
prosper. — Oui, vous l'êtes , et nonseulement un méchant, mais un envieux, un jaloux, un....
fabien , s' avançant vers lui. — Vous osez m'iusulter, et dans mou jardin encore ?
prosper. — C'est vous qui avez commencé. Mais je ne vous crains pas , entendez-vous?
casimir, arrêtant Prosper. — Y pensestu , Prosper? Te battre contre ton frère? Viens, viens; n'allons pas causer de chagrin à notre nouveau papa, surtout le jour de l'arrivée de son fils. (Il l'entraîne avec lui.)
prosper. — Eh bien ! je cours le dire à maman.