M. DE VERVILLE, MARGUERITE
u. DE VERVILLE . — ToD mari m'étonne, Marguerite. Je savais bien que c'était un homme plein d'honneur et de droiture ; mais lui trouver des sentimens si élevés dans la profondeur même de l'infortune, je t'avoue que je ne m'y serais jamais attendu.
MARGUERITE. — Je l'ai toujours vu comme vous le voyez, monseigneur. 11 ne cherche d'abord dans les affaires que le parti de la justice; et quand il l'a trouvé, il le prend, pour le soutenir envers et contre tous , à commencer par lui-même. Au reste, il n'est que ce qu'il doit être.
M. DE vERA'iLLE. — Il cst vrai. Mais quoi ! dans la position où il se trouve réduit, ne pas balancer un instant I
MARGUERITE. — Oh ! VOUS ue le connaissez pas. H nous verrait tous sans pain , plutôt que d'avoir le moindre reproche à se faire; et il n'en serait pas plus étonné. Jamais son courage ne l'abandonne. Il se joue de la fortune encore plus qu'elle ne se joue de lui.
M. DE VERVILLE. — Tu dois doncbicD l'aimer, Marguerite!
MARGUERITE. — Ah! monscigneur, si je l'aime! Eh! que serais-je devenue sans ses consolations? Je me crois toujours à
DlBLIOTHEgiE DES VILLAGES.
iiioQ aise, en lui voyant un air si serein. Je ne puis me persuader qu'il me manque jamais quelque chose , tant que le ciel voudra me le conserver. 11 est tout pour moi sur la terre.