M. DESVERTUS, SON FILS, JACQUOT
fioUant toujours pendant la scène.
UESVERTUS fils. — Mou papa, voilà le tailleur.
M. DESVERTUS. — Qu'il attende «n moment; et vous, mon fils, venez ici.
Dites-moi : vous me remettez à demain pour apprendre l'emploi que vous avez fait de votre argent, n'est-il pas vrai?
DESVERTUS fils. — Oui , mou papa, puisque vous le voulez absolument savoir.
M. DESVERTUS. — Et moi je vous avais aussi remis à demain pour vous donner l'argent du galon dont vous ne yonlez pas sur votre habit.
DESVERTUS fils. — Vous mc l'avcz promis comme ça.
M. DESVERTUS. — Oh bien, moi, j'ai plus de confiance en vons: tenez, voilà vingt écns, àquoi se monte le galon que je voulais vous faire acheter. Je ne vous regarde plus comme un enfant. Vous me direz, quand vous voudrez, l'usage
CHOIX DE LECTURES
que vous en ferez , comme de vos deux louis ; je ne vous gêne plus là-dessus.
UESVERTUS flls. — Ail , moQ papa ! si j'en avais fait un mauvais usage, je vous l'aurais déjà dit. Vous êtes si bon, que vous m'auriez pardonné !
M. DESVERTDs. — AUons , voilà qui est entendu. (// se remet à ses papiers tout debout.)
DESVERTUS fils approche de Jacquote et lui glisse les vingt éciis , qu'il a de la peine à lui faire prendre, mais qu'il
prend à la fin. — {Bas à Jacqnot.) Prends donc.... Mais prends donc. (.4 son père.) Eh bien, mon papa, descendrai-je dire au tailleur que vous allez venir, ou voulez-vous qu'il monte ici?
M. DESVERTUS. — Nou , laissons finir Jacquot. (Desvertus fils se met à regarder par la fenêtre ouverte.)
JACQUOT donne un dernier coup de brosse aux meubles. — Monsieur , j'ai tout fini. {Bas à M. Desvertus.) Voilà ce qu'il vient encore de me donner.
M. DESVERTUS , à Jacquot. — Vingt écus ?
JACQUOT. — Oui, monsieur.
M. DESVERTUS, bus àJacquot. — C'est mon compte ; tant mieux -: donne-les à ton père de la part de mon fils, et dis que c'est avec ma permission. {Haiit.) Allons, mon cher ami, voilà qui est bien. Va-t'en , et travaille pour ton père et ta mère, ils ont travaillé pour toi.
JACQUOT. — Ah , monsieur ! je ne m'épargne pas et si les forces voulaient fournir.... Enfin, le bon Dieu pardessus tout. Vous voyez bien qu'il ne nous abandonne pas. {Il sort.)
M. DESVERTUS. — Oui ! Adicu , mon enfant.