SCÈNE V
CÉCILE, BABET, MIMY, LA GOUVER- NANTE.
LA GOUVERNANTE. — Mesdemoiselles Durozoi, que faites-vous donc ici, s'il vous plaît?
BABET. — Mais, je crois que nous n'avons aucun compte à vous rendre.
LA GOUVERNANTE. — VOUS êtCS bicU
incivile, pour une demoiselle de votre condition! Eh bien! apprenez, mademoiselle, que VOUS êtes ici chez moi ; que vous ne deviez pas y monter sans ma permission.
BABET , en riant, à sa iœur. — Qu'en dis-tu, ma sœur? Nous croyons pourtant être chez madame Dorsigny,
CÉCILE , sur le même ton. — Je le pensais, comme toi; mais nous nous trompons, comme tu vois. Eh! eh ! eh ! eh '
CHOIX DE LECTITRES.
cela est plaisant. (A la gouvernante. ) Je vous demande bien des pardons, madame, eti ! eh ! eh !
LA GoovERNAME. — Mais , je vais de surprise en surprise ; oui , mesdemoiselles , je suis ici chez moi. Vous n'ignorez pas que je suis gouvernante de mademoiselle Mimy. Partout où je suis auprès d'elle , j'ai l'honneur de représenter madame sa mère, et ici plus particulièrement qu'ailleurs. {Cécile et Babel continuant de rire.) En vérité, je ne puis m'empêcher de vous dire que vous êtes bien grossières ; quand vous ne respecteriez en moi que mon âge...
BABET. — Grossière vous-même
Mais, avec votre permission, nous ne sommes pas faites a respecter des domestiques.
CÉCILE. — Oh ! mon Dieu I nous n'avons pas reçu cette éducation-là , par exemple.
LA GOUVERNANTE. — Il parait que vous en avez reçu une excellente. Mademoiselle Mimy a dû beaucoup profiter de votre conversation.
BABET. — Certainement ; si elle veut nous croire , elle n'obéira plus à des gens à qui elle doit commander.
LA GOUVERNANTE. — Jc m'apcrçois que vous vous êtes entretenues de trèsjolies choses. Allez, mes chères demoiselles , vous n'excitez plus en moi que la pitié. J'avais seulement à vous dire, que la visite de madame votre mère est finie, et qu'elle vous attend pour s'en aller. Vous ne pouvez trop vous hâter de vous rendre auprès d'elle.
CÉCILE, d'un a\r moqueur. — Vous voulez donc bien recevoir nos respects?
BABET , à Mirmj à demi-vouic. — Que je le voie tantôt ton bonnet neuf, sinon... (A la gouvernante, d'un air sérieux affecté. ) Madame , j'ai l'honneur d'être. . . oh ! eh ! eh ! eh I (Elle sort avec sa sœur en éclatant de rire.)