ÉPILOGUE
Disciple moins hçureux des cygnes d'Ausonie , Moi , dans i'age de la folie , J'aimais ; je chantai les Amours.
ToutPaphos applaudit aux accords de ma lyre , £t sans être fameux , mon nom courut partout. Je vis à mes accens les dieux même sourire.
Plus d'un héros m'aimait, et daigna me l'écrire. La Harpe m'estimait : cet oracle du goût , Qui sut le mieux donnei', par leur juste mesure, Du prix à la louange , et même à la censure , M'aborda quelquefois en répétant mes airs.
Delille , dans Marly, me récitait les vers Où de ce lieu charmant il vante les prodiges : Ses vers qu'il mariait au murmure des eaux, Au doux bruit des forêts, au doux chant des oiseaux. Beaux lieux, étaient alors vos plusheureux prestiges : JVIais à peine deux fois j'ai compté seize hivers , Et déjà dans sa fleur ma jeunesse est flétrie ;
Des ombres du trépas mes beaux jours sont couverts.
Il faudra donc bientôt quitter ces autres verts ,
Ces prés, ces bois touffus, ma tendre et douce amie.. ..
Qu'elle remplisse au moins le reste de ma vie !
Pinde, adieu pour toujours! Voici mes derniers vers. En vain des fiUes de mémoire, ' Dieu des v ers, dieu du jour, vous m'offrez les faveurs î
3ro ÉPILOGUE.
Ah! pour me rendre heureux, et vous pouvez m'encroi Ma maîtresse eu sait plus que vos ueuf doctes sœurs! Laissez-moi préférer le plaisir à la gloire ! J'étouffe dans mon cœur des désirs superflus. Taime mieux dans ses bras vivre un seul jour de plus, Que mille siècles dans Thistoire.
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