‹ Œuvres complètes de Blaise PascalChapitre 72 sur 78 · ORDONNANCE DES VICAIRES GÉNÉRAUX DE PARIS · texte numérisé non relu

ORDONNANCE DES VICAIRES GÉNÉRAUX DE PARIS

bonne. curé et archiprêtre de Saint-Séverin, conseiller du roi en sesdits conseils, vicaires généraux de M. le cardinal de Retz, archevêque de

Paris. À tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut en Notre-

Seigneur. Comme il est impossible de plaire à Dieu sans la foi, et de vivre de la vie d’un véritable chrétien sans cette vertu, qui est le fondement de ce qu’on espère et la démonstration des choses qu’on ne voit pas : aussi est-il très-important que les prélats de l’Église veillent de telle sorte sur ceux que Dieu a commis à leur conduite, que cette foi, de laquelle ils sont les principaux dépositaires, ne puisse être aucunement altérée par des contentions de doctrine, qui souvent ne blessent pas moins la foi qu’elles détruisent la charité, laquelle, comme di saint Paul, est la fin dw précepte, et procède d'un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi non feinte, ajoutant que ceux qui s’en départent, s’emportent à des discours de vanité et de questions inutiles, qui ne produisent que des querelles, de l’envie, de la médisance et de mauvais soupçons : et quand il arrive de telles contentions dans VÉglise, il n’est pas moins du devoir épiscopal d’en arrêter le cours de bonne heure, et de réprimer la témérité de ceux qui en sont les auteurs, ou qui entreprennent de les soutenir, qu’il est de la piété et charité chrétienne de tâcher, par tous moyens, de les réunir en un même esprit dans le centre de l’unité catholique, qui est l'Église romaine. C’est ce que le pape Innocent X, d’heureuse mémoire, a voulu faire au sujet des cinq propositions concernant la matière de la grâce,

qui lui avoient été présentées de la part de plusieurs évêques de France, :

par sa constitution du dernier mai 1653, après la publication de laquelle nous espérions que chacun demeureroit dans le respect et la soumission dus au saint-siége, et que toutes ces contentions et disputes touchant lesdites propositions cesseroient. Mais le malin esprit, qui envie toujours la paix de l’Église, et s'efforce d'y entretenir la division, a renouvelé ces disputes : et quoiqu'il ne s’agît, du temps d'Innocent X, que de savoir si lesdites propositions étoient véritables et catholiques, ou si elles étoient fausses et hérétiques ; et que ce pape les ayant condamnées comme hérétiques, il n’y eût plus rien à désirer, et que chacun dût se soumettre à la décision qu’il en avoit faite par sadite constitution : néanmoins on a mû une autre question de fait, et prétendu que ces propositions n’étoient pas de Cornélius Jansénius, évêque d'Ypres, et n’avoient point été condamnées au sens de cet auteur; ce qui ayant de nouveau troublé la tranquillité de l’Église, a donné sujet à notre saint-père Alexandre VII de prononcer sur cette question par sa bulle du 16 octobre 1656, laquelle nous avions fait publier en cette ville et diocèse de Paris, par notre mandement du 12 avril 1657, et ordonné de la recevoir avec tout l'honneur et révérence qui est dû au saint-siège apostolique , et de l’observer de point en point selon sa forme et teneur, sous les peines y portées; ce qui eût dû entièrement calmer les esprits. Cependant le contraire est arrivé, et les disputes ont continué comme auparavant; ce qui à obligé le roi, par sa piété accoutumée, et le zèle qu’il a pour procurer et maintenir la paix et l’union dans l’Église ainsi que dans son État, de désirer que MM. les évêques avisassent entre eux

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