CHANSONS
STANCES, SONNETS, ÉPITAPHES, etc
I. — Chanson & boire, que je fis au sortir de mon cours de philosophie, à l’âge de dix-sepl ans.
Philosophes rêveurs, qui pensez tout savoir, Ennemis de Bacchus , rentrez dans le devoir : Vos esprits s’en font trop accroire.
Allez , vieux foiis , allez apprendre à boire. On est savant quand on boit bien :
Qui ne sait boire ne sait rien.
S’il faut rire ou chanter au milieu d’un festin, Un docteur est alors au bout de son latin :
Un goinfre en a toute la gloire.
Allez, vieux fous, etc. ,io,<
— Chanson à boire..- V
tO . : lib
Soupirez jour et nuit, sans manger et sans boire, Ne songez qu’à souffrir^ ' *
Ui POÉSIES DIVERSES.
Aimez , aimez vos maux , et mettez votre gloire A n’en jamais guérir.
Cependant nous rirons Avecque la bouteille,
Et dessous la treille Nous la chérirons.
Si , sans vous soulager , une aimable cruelle Vous retient en prison,
Allez aux durs rochers, aussi sensibles qu’elle,
En demander raison.
Cependant nous rirons, etc.
III. — Vers sur Marie Poncher de Bretouville, mis en musique par Lambert en 4674.
Voici les lieux charmans, où mon âme ravie Passoit à contempler Sylvie Ces tranquilles momens si doucement perdus.
Que je l’aimois alors 1 Que je la trouvois belle 1 Mon cœur, vous soupirez au nom de l’infidèle :
Avez-vous oublié que vous ne l’aimez plus ?
C’est ici que souvent errant dans les prairies,
Ma main des fleurs les plus chéries Lui faisoit des présens si tendrement reçus.
Que je l’aimois alors ! Que je la trouvois belle I Mon cœur, vous soupirez au nom de l’infidèle :
Avez-vous oublié que vous ne l’aimez plus ?
IV. — Chanson é boire, faite i Bâville otl étoit le père Bourdaloue.
Que Bâville me semble aimable,
Quand des magistrats le plus grand Permet que Bacchus à sa table Soit notre premier président I
Trois muses , en habits de ville ,
Y président à ses côtés :
Et ses arrêts par Arbouville 1 Sont à plein verre exécutés.
Si Bourdaloue un peu sévère Nous dit : a Craignez la volupté;