‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 188 sur 492 · LA MÉTAMORPHOSE DE LA PERRUQUE. 27S · texte numérisé non relu

LA MÉTAMORPHOSE DE LA PERRUQUE. 27S

avoit laissé sa perruque à calotte dans le ruisseau , où La Serre l’avoit jetée.

Dans un ruisseau bourbeux la calotte enfoncée,

Parmi de vieux chiffons alloit être entassée,

Quand Phébus l’aperçut, et du plus haut des airs Jetant sur les railleurs un regard de travers :

Quoi ! dit-il , je verrai cette antique calotte .

D’un sale chiffonnier remplir l’indigne hotte !

Ici devoit être la description de cette fameuse per raque :

Qui de tous ses travaux la compagne fidèle,

A vu naître Guiman et mourir la Pucelle;

Et qui de front en front passant à ses neveux Devoit avoir plus d’ans qu’elle n’eut de cheveux.

Enfin Apollon changeoit cette perruque en comète. Je veux, disoit ce dieu , que tous ceux qui naîtront sous ce nouvel astre , soient poètes ,

Et qu’ils fassent des vers, même en dépit de moi.

Furetière, l’un des auteurs de la pièce, remarqua pourtant que cette métamorphose manquoit de justesse en un point : c’est , dit-il , que les comètes ont des cheveux ; et que la perruque de Chapelain est si usée qu’elle n’en a plus. Cette badinerie n’a jamais été achevée.

Chapelain souffrit , dit-on , avec beaucoup de patience les satires que l’on fit contre sa perruque. On lui a attribué l’épigramme suivante , qui n’est pas de lui :

Railleurs, en vain vous m’insultez,

Et la pièce vous emportez;

En vain vous découvrez ma nuque *

J’aime mieux la condition D'être défroqué de perruque,

Que défroqué de pension.

VERS LATINS

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