XXX. — Ad comte Hamiltom
Paris, le 8 février 1705,
Je ne devois dans les règles , monsieur , répondre à votre obligeante lettre, qu’en vous renvoyant l’agréable manuscrit que vous m’avez fait remettre entre les mains: mais ne me sentant pas disposé à m’en dessaisir, j’ai cru que je ne pouvois pas différer davantage à vous en faire mes remercîmens, et à vous dire que je l’ai lu avec un plaisir extrême ; tout m’y ayant paru également fin, spirituel, agréable et ingénieux. Enfin, je n’y ai rien trouvé à redire que de n’être pas assez long; cela ne me parolt pas un défaut dans un ouvrage de cette nature , où il faut montrer un air libre, et affecter même quelquefois, à mon avis, un peu de négligence. Cependant, monsieur, comme dans l’endroit de ce manuscrit où vous parlez de moi magnifiquement, vous prétendez que si j’entreprenois de louer M. le comte de Gramont, je courrois risque en le flattant de le dévisager, trouvez bon que je transcrive ici huit vers qui me sont échappés ce matin,