XXIV. — Boileau a Racinb
Paris, 9 avril (682.
Etes-vous fou avec vos complimens? Ne savez-vous pas bien que c’est moi qui ai , pour ainsi dire , prescrit la chose de la manière qu’elle s’est faite ? Et pouvez-vous douter que je ne sois parfaitement content d’une affaire où Ton m’accorde tout ce que je demande? Tout va le mieux du monde; et je suis encore plus réjoui pour vous que pour moi-même.
Je vous envoie deux lettres que j’écris , suivant vos conseils , Tune au roi, l’autre à Mme de Maintenon. Je les ai écrites sans faire de brouillon , et je n’ai point ici de conseil : ainsi je vous prie d’examiner si elles sont en état d'être données , afin que je les réforme si vous ne les trouvez pas bien. Je vous les envoie pour cela toutes décachetées , et , supposé que vous jugiez à propos de les présenter, prenez la peine d’y mettre votre cachet. Je verrai aujourd’hui Mme Racine pour la féliciter. Je vous donne le bonjour, et suis tout à vous. Je ne reçus votre lettre qu’hier tout au soir , et je vous envoie mes trois lettres aujourd’hui , à huit heures , par la poste. Voilà, ce me semble, une assez grande diligence pour le plus pare$seqx de tous les hommes.