Ce fut en (663. (B.) — Ou plutôt en
ÉPITRE I
La licence et l'orgueil en tous lieux réprimés 1 ,
Du débris des traitans ton épargne grossie’,
Des subsides affreux la rigueur adoucie*;
Le soldat, dans la paix, sage et laborieux4;
Nos artisans grossiers rendus industrieux*;
Et nos voisins frustrés de ces tributs serviles Que payoit à leur art le luxe de nos villes.
Tantôt je tracerai tes pompeux bâtimens ,
Du loisir d’un héros nobles amusemens.
J’entends déjà frémir les deux mers étonnées De voir leurs flots unis aux pieds des Pyrénées*.
Déjà de tous côtés la chicane aux abois S’enfuit au seul aspect de tes nouvelles lois7.
Oh ! que ta main par là va sauver de pupilles 1 Que de savans plaideurs désormais inutiles!
Qui ne sent point l’effet de tes soins généreux?
L’univers sous ton règne a-t-il des malheureux?
Est-il quelque vertu , dans les glaces de l’Ourse ,
Ni dans ces lieux brûlés où le jour prend sa source ,
Dont la triste indigence ose encore approcher ,
Et qu’en foule tes dons d’abord n’aillent chercher?
C’est par toi qu’on va voir les Muses enrichies De leur longue disette à jamais affranchies*.
Grand roi, poursuis toujours, assure leur repos.
Sans elles un héros n’est pas longtemps héros :
Bientôt, quoi qu’il ait fait, la mort, d’une ombre noire . Enveloppe avec lui son nom et son histoire.
En vain, pour s’exempter de l’oubli du cercueil,
Achille mit vingt fois tout Ilion en deuil; • .
En vain , malgré les vents , aux bords de l’Hespérie ,
Enée enfin porta ses dieux et sa patrie;
Sans le secours des vers, leurs noms tant publiés Seroient depuis mille ans avec eux oubliés.
Non , à quelques hauts faits que ton destin t’appelle ,
Sans le secours soigneux d’une Muse fidèle Pour t’immortaliser tu fais de vains efforts.
Apollon te la doit : ouvre-lui tes trésors.