‹ Œuvres complètes de BoileauChapitre 75 sur 492 · Ce fut en (663. (B.) — Ou plutôt en · texte numérisé non relu

Ce fut en (663. (B.) — Ou plutôt en

ÉPITRE I

La licence et l'orgueil en tous lieux réprimés 1 ,

Du débris des traitans ton épargne grossie’,

Des subsides affreux la rigueur adoucie*;

Le soldat, dans la paix, sage et laborieux4;

Nos artisans grossiers rendus industrieux*;

Et nos voisins frustrés de ces tributs serviles Que payoit à leur art le luxe de nos villes.

Tantôt je tracerai tes pompeux bâtimens ,

Du loisir d’un héros nobles amusemens.

J’entends déjà frémir les deux mers étonnées De voir leurs flots unis aux pieds des Pyrénées*.

Déjà de tous côtés la chicane aux abois S’enfuit au seul aspect de tes nouvelles lois7.

Oh ! que ta main par là va sauver de pupilles 1 Que de savans plaideurs désormais inutiles!

Qui ne sent point l’effet de tes soins généreux?

L’univers sous ton règne a-t-il des malheureux?

Est-il quelque vertu , dans les glaces de l’Ourse ,

Ni dans ces lieux brûlés où le jour prend sa source ,

Dont la triste indigence ose encore approcher ,

Et qu’en foule tes dons d’abord n’aillent chercher?

C’est par toi qu’on va voir les Muses enrichies De leur longue disette à jamais affranchies*.

Grand roi, poursuis toujours, assure leur repos.

Sans elles un héros n’est pas longtemps héros :

Bientôt, quoi qu’il ait fait, la mort, d’une ombre noire . Enveloppe avec lui son nom et son histoire.

En vain, pour s’exempter de l’oubli du cercueil,

Achille mit vingt fois tout Ilion en deuil; • .

En vain , malgré les vents , aux bords de l’Hespérie ,

Enée enfin porta ses dieux et sa patrie;

Sans le secours des vers, leurs noms tant publiés Seroient depuis mille ans avec eux oubliés.

Non , à quelques hauts faits que ton destin t’appelle ,

Sans le secours soigneux d’une Muse fidèle Pour t’immortaliser tu fais de vains efforts.

Apollon te la doit : ouvre-lui tes trésors.

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