‹ Œuvres complètes de Bordeu, précédées d'une notice sur sa vie et sur ses ouvrages. Tome premierChapitre 65 sur 75 · CINQUIÈME FAIT · texte numérisé non relu

CINQUIÈME FAIT

Il eh est des liqueurs comme des parties solides elles-mênies j chacun peut éprouver que celles-ci , surtout les glandes , les ligamens et les extrémités des os , fournissent dans les jeunes animaux un suc gélatineux qui devient beaucoup plus tôt acide que celui

que fournissent les vieux : l’acide est moins masqué dans les parties des? jeûnes animaux j il s’y démontre davantage et plus longtemps.'

On est donc en droit d’avancer que les glandes , les os et les tendons des enfans livrés à eux-mêmes , et arrosés d’une liqueur qui ne s’oppose pas directement aux mouvemens spontanés dont ils sîint susceptiblés ,. permettent le développement d’un acide plus ou moins rapproché , qui peut aisément faire beaucoup de ravagés.

Or, c’est précisément dans cette disposition des parties que consiste1, à notre avis , ’ l’état écrouelleux.

Tout ce que nous avons dit jusqu’ici, et dont chacun peut faire les applications convenables , fournit au moins des présomptions qui favorisent une opinion que nous ne donnons pas pour nouvelle , et qu’on pourra trouver dans différens auteurs ; ce que nous dirons encore l’établira plus évidemment, et nous mettra à portée de la développer de plus en plus.

En effet, on convient ( premier fait ) que les gens qui habitent les bords des rivières et les montagnes , et qui se nourrissent de mauvais alimens , sont plus sujets aux écrouelles que tous les autres) il n’est point d’auteur qui n’ait fait cette observation: Dioriis a remarqué de plus , que de cent écroueüeux qui se présentent , les trois quarts, sont paysans , ce qui est plus vrai en Erançé que dans d’autres pays ; il est pourtant assuré que quoique les habitans des villes soient sujets à cette maladie , elle doit être regardée comme appartenant plus particulièrement aux gens de la campagne , surtout aux montagnards.

Or l’eau , l’air et les alimens des montagnes concourent à disposer la machine aux écrouelles et à leur suite ; elles favorisent l’état des humeurs et des solides dont nous parlions plus haut.

( quatrième fait.)

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