‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 459 sur 631 · Ad. VI. — 2. C. XXXII · texte numérisé non relu

Ad. VI. — 2. C. XXXII

PROJET DE RÉUNION ENTRE LES CATHOLIOUES

le commet , ce qui ne i>eiU non plus Mrc àlk ; puisque (le là il s'ensnivrail que l;i justillcalion pourrait opérci'que le pécheur n'ciit point pécli(S,que celui qui aurait fait un vol ne l'eut point l'ait; ce qui ne se peut.

Quant au péché liabituel, le matériel est la pente au mai, qui est allaiblie, mortiliée , subjuguée, en sorte que le péché ne domine plus; mais non pas otée tout à fait, tant que nous sommes dans ce corps mortel. Et cet alTaiblissement de l'habitude du péché, est l'effet de la régénération et de la sanclihcation, et non pas de la justitication. Les catholiques accordent tout cela aux prolestants.

Reste donc à considérer le formel du péché ; c'està-dire, ce qui fait qu'on est coupable et qu'on mérite la peine; et sur cela les protestants accordent aussi aux catholiques que cela est vraiment et totalement ôtô par la rémission, par le pardon, par la non imputation, qui est ce qu'ils appellent justification. El quand quelques-uns d'eux enseignent que le péché n'est point ôté par la justification , ils l'enlendenl du péché originel , et en particulier de la convoitise, laquelle demeure dans les baptisés, quanl à son malériel seulement, mais non pas quant à son formel; c'est-à-dire, quant à la coulpe et au mérite de la peine, parce que l'inclination habituelle au mal demeure toujours dans l'homme , mais elle n'y domine pas.

CH.\PITRE XVn.

Cinquième cxem^plc. — Si la foi seule justifie. On sait le tumulte qu'a excité cette proposition, insérée par Luther dans le texte de l'Ecriture; quoiqu'elle ne soit pas véritable, à la prendre proprement, et que la chose puisse être expliquée par d'autres propositions de l'Ecriture, et très-reçues dans l'Eglise. Car, à proprement parler, c'est Dieu et non pas la foi qui justifie. Lorsque Dieu nous justifie , il n'y a qu'une cause, ou le motif intérieur, qui le pousse à nous accorder ce bienfait, et c'est sa grâce et sa miséricorde : il n'y a non plus qu'un motif extérieur principal, qui est le seul mérite de Jésus-Christ, ni qu'un seul motif extérieur moins principal, qui est la foi. Et quand on dit que la foi seule est ce motif principal, c'est sans exclure les autres motifs qui portent Dieu à nous justifier; c'est-à-dire, sa grâce, sa bonté, et le mérite de Jésus-Christ. Au surplus, cette foi, qui justifie seule, n'est pourtant pas seule ou solitaire dans le cœur, quand elle nous justifie; puisque la foi qui nous justifie n'est pas la foi morte, destituée de la charité et du bon propos. En disant donc que la foi justifie seule, on veut dire que ni l'espérance, ni la charité, ni quelque bonne œuvre que ce soit, ne sont pas ce qui nous justifie immédiatement; mais que c'est la foi qui croit que Jésus-Christ a satisfait pour nos péchés, avec la confiance que nous avons d'en obtenir la rémission par ses mérites, laquelle foi n'est pas morte, mais vive et efflcace par la charité.

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